Back to news

December 7, 2018 | International, Naval

Les frégates de la classe Nansen souffrent d’un défaut sérieux de conception. Le chantier Navantia mis en cause

(B2) Un premier rapport du bureau enquêtes accidents norvégien (AIBN) l'affirme sans ambages. La collision entre une frégate de la marine norvégienne KNM Helge Ingstad et un tanker maltais (Sola TS) dans la baie de Hjeltefjorden en Norvège le 8 novembre, révèle un problème grave de conception sur certains navires fabriqués par les chantiers navals espagnols Navantia. Une alerte sécurité vient d'être envoyée

Un naufrage à proximité des côtes

Rappelons-nous, c'était juste après l'exercice de l'OTAN Trident Juncture, la frégate norvégienne (qui porte le numéro de coque F-313), effectuait des manœuvres à proximité des côtes, près du terminal pétrolier de ce fjord norvégien situé non loin de Bergen, quand il heurte le pétrolier qui naviguait en sens inverse. La collision ne provoque que peu de dég'ts dans le pétrolier, mais pour le navire militaire les conséquences sont autrement plus graves.

Une enquête des bureaux d'accidents civil et militaire norvégiens

La frégate norvégienne, qui fait alors partie de la force navale permanente de l'OTAN (SNMG1), est atteinte « au-dessus et au-dessous de la ligne de flottaison » et « absorbe énormément d'eau » comme le signale le ministère norvégien de la Défense. Il n'est plus stable et doit être échoué. Ses 137 marins doivent être évacués. Une enquête est alors diligentée associant le bureau d'enquête accidents maritime norvégien (AIBN) et son pendant militaire (DAIBN), auquel est associé l'unité d'enquête maritime maltaise (MSIU), autorité du pavillon du pétrolier.

Les compartiments non étanches

Trois compartiments étanches à bord du KNM Helge Ingstad sont inondés : « la salle du groupe électrogène arrière, les quartiers de l'équipage du pont Orlop et le magasin » selon le rapport de l'AIBN. La stabilité est jugée « médiocre », mais le navire est encore considéré comme 'sauvable'. Cette première évaluation ne résiste pas. L'eau gagne du terrain. Elle « coule de la salle des génératrices arrière vers la salle des engrenages via les arbres creux de l'hélice, puis de la salle des engrenages, vers les salles des machines avant et arrière via les boîtes de rangement dans les cloisons ». Quand la salle d'engrenage est inondée, l'évacuation des 137 marins est décidée. Le navire est considéré comme « perdu ». Huit marins sont légèrement blessés dans les différentes manœuvres.

Le navire échoué coule à pic

Les autorités espèrent encore pouvoir récupérer le navire, qui flotte toujours, en le fixant avec des c'bles. Mais dans la nuit du 12 au 13 novembre, ils s'arrachent et le navire coule à pic. Le navire est désormais considéré comme irrécupérable, même si les travaux sont toujours en cours pour être renfloué, comme le précise le ministère norvégien de la Défense. Perte sèche : 4,2 milliards de couronnes (environ 220 millions d'euros).

Une enquête nécessaire chez Navantia

L'autorité norvégienne préconise une vérification des navires norvégiens de même conception. Oslo dispose encore de quatre navires de la même classe — le KNM Fridtjof Nansen, le KNM Roald Amundsen, le KNM Otto Sverdrup et le KNM Thor Heyerdahl — construits sur les chantiers navals espagnols de Ferrol de Navantia. Elle demande ainsi à Navantia de mener « une enquête sur les problèmes identifiés lors de la première enquête et de déterminer s'il s'agit également d'un problème lié à d'autres navires ». L'industriel espagnol doit aussi envoyer une notification aux chantiers, propriétaires et exploitants concernés, pour leur indiquer « les mesures à prendre pour assurer la sécurité ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

https://club.bruxelles2.eu/2018/12/un-defaut-de-conception-dans-les-fregates-de-type-nansen-le-chantier-navantia-mis-en-cause/

On the same subject

  • BAE Systems buys military simulations firm for $200 million

    March 8, 2022 | International, Land

    BAE Systems buys military simulations firm for $200 million

    In the statement, BAE Systems said it expects the global market for military training and simulations environments to eventually surpass $11 billion annually.

  • Belgique : Les retombées du contrat F-35 commencent à se concrétiser

    September 16, 2019 | International, Aerospace

    Belgique : Les retombées du contrat F-35 commencent à se concrétiser

    Par Olivier Gosset Trois accords industriels lient désormais des entreprises de notre pays à Lockheed Martin. Paradoxe du contrat belge: des filiales de groupes français devraient monter à bord du programme F-35. Près d'un an après la décision du gouvernement belge d'acquérir 34 appareils de combat américains F-35, l'industrie aéronautique belge commence à apercevoir les premiers bénéfices de cette commande. Trois accords industriels ont en effet été conclus par le groupe américain de défense Lockheed Martin avec des entreprises belges dans le cadre de potentielles retombées économiques liées à ce contrat de 3,8 milliards, a indiqué lundi un responsable de Lockheed, Yung Le. Le groupe Sabca, présent dans les trois Régions du pays et la société bruxelloise Ilias Solutions, spécialisée dans les logiciels logistiques, ont chacun signé dimanche un accord de coopération industrielle avec le géant américain. Une initiative qui leur donne un ticket d'entrée pour rejoindre le programme F-35. Les accords signés ne sont pas encore des contrats en bonne et due forme. Mais ils permettent aux entreprises retenues de se positionner en tant que fournisseurs potentiels de Lockheed, de ses filiales et de ses partenaires. L'accord avec Ilias Solution semble néanmoins le plus avancé, puisque son directeur général, Jean-Pierre Wildschut, a indiqué que son entreprise pouvait espérer conclure des contrats avec Lockheed Martin à hauteur de 5 millions de dollars par an, soit une croissance de 15 à 20% au cours des cinq prochaines années. Ilias Solution, qui a débuté ses activités dans la foulée du contrat du F-16, espère que cet accord avec LM ouvrira la voie à d'autres missions au service des flottes d'autres pays, pour les F-35 et éventuellement d'autres plateformes. L'accord conclu avec la Sabca porte quant à lui sur des systèmes d'actionnement (servo-commandes), une compétence que le constructeur belge, qui fournit des actuateurs pour les lanceurs spatiaux européens, aimerait développer dans le secteur de l'aviation (lire ci-dessous). Des projets complexes En juin, Sabena Aerospace (Zaventem), spécialisée dans la maintenance aéronautique, avait obtenu de Lockheed Martin la prolongation pour dix ans de son statut de centre de service agréé pour l'entretien et la mise à niveau des avions de transport C-130 Hercules, eux aussi contruits par le groupe américain. À cela, a rappelé Yung Le, il faut ajouter un contrat concret accordé il y a deux ans à Asco – soit avant la décision belge d'opter pour le F-35 – par Fokker Technologies, une entreprise néerlandaise appartenant au groupe britannique GKN Aerospace, pour la fourniture d'ailerons haute vitesse pour le F-35. "Nous voulons accélérer ces accords" avec d'autres entreprises car dès qu'ils sont conclus, l'industrie belge peut travailler sur le programme F-35, a ajouté Yung Le, en rappelant qu'environ 35 projets de coopération avaient été identifiés dans le cadre de la préservation des "intérêts essentiels de sécurité" invoqués par la Belgique pour obtenir des retombées économiques liées à l'achat du F-35. "Certains de ces projets sont simples, d'autres complexes. Certains concernent des petites entreprises, d'autres des grandes", a commenté le responsable américain, conscient de l'impatience des industriels belges. L'un des gros contrats attendus concerne Sabca, Sonaca et Asco. Les trois poids lourds belges du secteur sont associés pour tenter de décrocher la fabrication de volets horizontaux mobiles à l'arrière du F-35. "Mais jusqu'ici, on n'a aucune idée de combien de pièces il pourrait s'agir, ni à partir de quand", déplore un responsable d'une des trois entreprises concernées. De son côté, Safran Aero Boosters, la filiale liégeoise du motoriste français Safran, est engagée dans une dynamique similaire avec Pratt & Whitney, fabricant du moteur F135 qui équipe le chasseur américain. Les deux entreprises ont également signé ces derniers jours un accord actant leur intention de formaliser des opportunités de collaboration – sans les nommer – sur le moteur F135. Paradoxe du contrat belge, des sociétés faisant partie de groupes français (Sabca appartient encore pour l'instant à Dassault, qui souhaite le revendre) devraient donc monter prochainement à bord du programme F-35, grand rival du Rafale construit par nos voisins du sud... https://www.lecho.be/entreprises/aviation/les-retombees-du-contrat-f-35-commencent-a-se-concretiser/10162821.html

  • GAO Chides DoD For Absence Of Cybersecurity Requirements

    June 8, 2020 | International, C4ISR, Security

    GAO Chides DoD For Absence Of Cybersecurity Requirements

    Overall, costs of major DoD acquisition programs have grown by 54 percent over their lifetimes and schedule delays average two years, GAO's annual report finds. By THERESA HITCHENS WASHINGTON: Five years after the Pentagon demanded every weapon system include the requirement that it be able to fight through Russian and Chinese cyber attacks expected on future battlefields, DoD “does not often include cybersecurity” in key performance parameters (KPP) for major programs, says GAO in its annual defense acquisition review. Of the three services, the Air Force is the worst at fulfilling two of the three best cybersecurity practices, the report says. The congressional watchdog found “inconsistent implementation of leading software practices and cybersecurity measures” among high-dollar “major defense acquisition programs” (MDAPs) — 85 programs worth $1.80 trillion at the end of 2019. “This included longer-than-expected delivery times for software and delays completing cybersecurity assessments— outcomes disruptive to DOD's efforts to keep pace with warfighters' needs for enhanced, software-dependent capabilities and protect weapon systems from increasingly sophisticated cybersecurity threats,” GAO said in the June 3 report. Cybersecurity KPPs Left Out The GAO report explains that KPP “are considered the most critical requirements by the sponsor military organization, while key system attributes (KSA) and other performance attributes are considered essential for an effective military capability.” In 2015, DOD modified its main requirements policy—the Joint Capabilities Integration and Development System Manual (JCIDS) rules on “survivability” requirements to include the ability to operate in a “degraded cyber environment.” Yet, GAO found that, at the end of 2019, 25 of the 42 major acquisition programs reviewed regarding cybersecurity practices failed to include cybersecurity as a parameter in their KPPs; “even more programs reported that their KSAs did not address cybersecurity.” GAO has targeted cybersecurity, software development and DoD-wide information technology (IT) improvement programs in its recent annual reviews because DoD weapon systems “are more networked than ever before — a change that while providing benefits for the warfighter also “has come at a cost” because “more weapon components can now be attacked using cybersecurity capabilities,” GAO explains. “Further, networks can be used as a pathway to attack other systems.” The watchdog has found consistently that failing to bake in cybersecurity requirements to system design and development ends up costing more money and time when program offices struggle to re-engineer systems once they hit production. This is a problem that affects most types of software development; and similarly trying to upgrade or replace software to improve cybersecurity often proves impossible. The 2019 report thus “looked at DOD's progress with developing: (1) strategies that help ensure that programs are planning for and documenting cybersecurity risk management efforts (cybersecurity strategies), (2) evaluations that allow testers to identify systems' weaknesses that are susceptible to cybersecurity attacks and that could potentially jeopardize mission execution (cybersecurity vulnerability evaluations), and (3) assessments that evaluate the ability of a unit equipped with a system to support assigned missions (cybersecurity assessments).” Most of the 38 MDAPs reviewed reported creation of cybersecurity strategies. However, of the 19 major programs that require cybersecurity vulnerability evaluations — under regulations set by the Office of the Undersecretary of Defense for Acquisition and Sustainment Ellen Lord — 11 have not completed them or failed to do so on time. Another three said they didn't have a schedule yet for doing so; and one — an unnamed Air Force program — told GAO it actually didn't know if it had undertaken the required evaluation. Indeed, the Air Force had the worst record on the evaluations, with none of its six programs having completed the evaluation processes. Of the 42 programs, 14 told GAO they had not finished their cybersecurity assessments. GAO also “found variation among the military departments in the rates they had completed these assessments. Specifically, among the three military departments, the Army reported the best rate for programs conducting cybersecurity assessments, while the Air Force had the lowest rate.” IT and Software Problems Plague Programs “Over the years, weapon acquisition program officials, through their responses to our questionnaires, have consistently acknowledged software development as a risk item in their efforts to develop and field capabilities to the warfighter, and this year is no different,” GAO reported somewhat wryly. GAO found that more than a quarter of the 42 MDAPs reviewed reported cost growth from software changes but admitted that “details are limited” in DoD reporting. Part of that uncertainty might be due to the fact that GAO found a number of major programs are transitioning to commercial approaches to software development, such as “agile development” that involves introducing incremental improvements over time. However, GAO found, “deliveries often lag behind industry standards.” Indeed, Air Force acquisition czar Will Roper told a webinar yesterday sponsored by Dcode, a tech innovation hub connecting commercial industry to government agencies, that while the Air Force can't go back and re-do old programs, “every new contract we do has to include DevSecOps.” “We are all in,” he added, “it's going to change the world.” DevSecOps stands for “development, security and operations,” and is a framework and tools for “designing in” software and cybersecurity. Roper long has been a key champion within DoD for moving to commercial practices and has repeatedly said he wants the Air Force to become a “software company.” GAO said that officials from 26 of the MDAPs regarding software development reported that software concerns had created risks at some point during their program's history. The biggest problem faced was — you guessed it — changes necessitated to ensure cybersecurity. The second biggest program was that the software development simply was “more difficult than expected.” Hardware design changes also played a big role in creating software problems, requiring subsequent changes in software configurations. Interestingly, while often bemoaned as a cause for program delays, requirements changes came in at the low of end of the reported issues troubling software development. Of the 15 major DoD IT programs reviewed, worth $15.1 million, 10 had delays in their original baseline schedules. But on the bright side, 11 showed decreased life cycle cost estimates. Further, all 15 have cybersecurity strategies as required by DoD regulations, and most reported having undertaken in 2019 at least one operational cybersecurity test. That said, “less than half reported conducting developmental cybersecurity testing,” GAO found. And according to DoD's own “Cybersecurity Testing and Evaluation Guidebook,” GAO scolds, “not conducting developmental cybersecurity testing puts programs at an increased risk of cost and schedule growth and poor program performance. Cost and Schedule Growth Stabilizes As it does every year, GAO also reviewed all 85 MDAPs for cost and schedule growth, and on that front the news is good: GAO found that the programs DoD Overview “have generally stabilized non-quantity related — (i.e. meaning not related to buy more stuff) — cost growth and schedule growth.” “Between 2018 and 2019, total acquisition cost estimates for DoD's 85 current MDAPs grew by a combined $64 billion (a 4 percent increase), growth that was driven by decisions to increase planned quantities of some weapon systems,” GAO found. “For example, DoD more than doubled in the past year the total number of missiles it plans to acquire through the Air Force's Joint Air-to-Surface Standoff Missile program.” And some programs actually lowered their year-average costs. GAO found that 55 MDAPs (more than half) “had lower average procurement unit costs since last year. Examples of programs with lower unit costs include the Navy's Joint Precision Approach and Landing System (16 percent decrease) and the Air Force's F-22 Increment 3.2B Modernization (15 percent decrease).” “Also between 2018 and 2019, capability delivery schedules for MDAPs increased, on average, by just over 1 month (a 1 percent increase),” GAO said. However, the report cautioned that cost/schedule performance looks “less encouraging as measured against their original approved program baselines.” The report found that the major acquisition programs “have accumulated over $628 billion (or 54%) in total cost growth since program start, most of which is unrelated to the increase in quantities purchased. Additionally, over the same time period, time required to deliver initial capabilities has increased by 30%, resulting in an average delay of more than two years. https://breakingdefense.com/2020/06/major-dod-acquisition-programs-flounder-on-cybersecurity-gao

All news