29 octobre 2018 | International, Terrestre

La Belgique renonce aux Rafale, mais achète des blindés à la France

[ACTUALISE] Si Dassault et son Rafale n'ont pas su séduire le gouvernement belge, au grand dam d'Emmanuel Macron, la Belgique a annoncé concrétiser l'achat de 442 véhicules blindés auprès d'un consortium français composé de Nexter, Thales et Arquus, pour un montant de 1,5 milliard d'euros. Malgré un niveau de commandes plus faible que prévu.

Un pas en avant, un pas en arrière. Si le gouvernement belge a suscité bien de la déception dans l'Hexagone en annonçant le 25 octobre ne pas opter pour le Rafale pour remplacer ses avions de chasse F-16 - Emmanuel Macron regrettant vendredi 26 octobre cette décision, estimant qu'elle va "stratégiquement à contrario des intérêts européens" -, il a malgré tout voulu rassurer en confirmant l'achat de véhicules blindés à un consortium français.

Ce contrat avec les industriels français Nexter Systems, Arquus et Thales, avait été annoncé en juin 2017 par le ministre de la Défense belge Steven Vandeput. Il a pourtant vu sa voilure légèrement réduite : au lieu de l'achat de "60 nouveaux véhicules de combat médians du type Jaguar et 417 véhicules de combat légers du type Griffon" promis alors, l'armée de terre belge ne s'arrogerait plus que 60 Jaguar et 382 Griffon, qu'elle devrait mettre en service pour 2025-2030.

"Ce partenariat inédit comporte également un volet opérationnel incluant des entraînements, de la formation et le maintien en condition opérationnelle des matériels concernés", annonce le ministère français des armées dans un communiqué du 26 octobre, précisant le montant du contrat: 1,5 milliard d'euros.

382 Griffon et 60 Jaguar

Ces blindés ont été développés dans l'Hexagone dans le cadre du programme Scorpion de renouvellement des capacités de combat de l'armée de Terre française, auquel participent notamment Nexter Systems, Thales, Renault Trucks Defense ou encore Safran pour l'optronique.

Le Griffon est un véhicule blindé multi-rôle (VBMR) disposant de six roues et pesant environ 25 tonnes. Il va remplacer les véhicules de l'avant blindé (VAB) que ce soit pour des missions de transport de troupes, poste de commandement, observation pour l'artillerie et évacuation sanitaire.

Le Jaguar est, quant à lui, un engin blindé de reconnaissance de combat (EBRC). Lui aussi dispose de six roues et pèse près de 25 tonnes, mais il va remplacer les chars légers AMX10RC et Sagaie ainsi que les VAB équipés des missiles Hot. Canon de 40 mm télescopé, missile moyenne portée MMP, ou encore tourelleau téléopéré, vont composer son système d'armement.

Du budget restant pour la future Europe de la défense

Par ailleurs, en choisissant le F-35 américain de Lockheed Martin pour remplacer ses avions de chasse F-16 après 2023, au détriment du Typhoon d'Eurofighter et du Rafale de Dassault, la Belgique devrait économiser 600 millions d'euros par rapport à ce qui était budgété, a annoncé le Premier ministre Charles Michel le 25 octobre. Ils "pourront être en partie utilisés pour des pré-financements afin de sécuriser les retours sociétaux pour notre pays" alors qu'une autre partie est réservée pour d'éventuels projets futurs en matière de défense européenne, comme le futur système de combat aérien, précise le média belge La Libre Belgique.

"L'offre française est arrivé après la clôture", a réagi pour sa part le 26 octobre Emmanuel Macron sur ce dossier. "Je regrette le choix fait. Il n'y avait pas que l'offre du Rafale, il y avait aussi l'Eurofighter, un vraie offre européenne. La décision est liée à une procédure belge, à des contraintes politiques du pays mais stratégiquement va a contrario des intérêt européens". "Je ferai tout pour que dans les appels d'offres à venir, des offres européennes soient promues", a promis le Président de la République, qui doit justement rendre le mois prochain une visite d'Etat à la Belgique, et discuter notamment de l'Europe de la Défense.

https://www.usinenouvelle.com/article/la-belgique-renonce-aux-rafale-mais-achete-des-blindes-a-la-france.N761104

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    By: Brig. Gen. Gregory Gagnon and Lt. Col. Nishawn Smagh There is always a next war. Great power competition is here. Now is the time, while the United States maintains a position of strength, to ensure we are not outmatched, out-thought, or out-witted. Rapidly and realistically positioning the Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance enterprise for first-mover advantage in today's data-driven environment is beginning with purposeful urgency. The past paradigm: crew-to-aircraft model During our careers, the Air Force ISR enterprise grew in both capability and capacity. In the late 1990s, the Air Force operated an ISR enterprise dominated by manned aircraft, each with their own specialized team operating unique systems that turned data into initial intelligence. Only a few organizations could turn raw airborne sensor data into intelligence in near-real time. We were only beginning to move data to the analyst, versus deploying the analyst to the data. As battlefield demand of ISR grew, we scaled up. We were fortunate to help build and execute airborne intelligence operations on a global scale, connected via a global network — we called them “reachback” operations. Reachback operations were the first step in transmitting ISR sensor collection across the globe in seconds. Even today, few nations can conduct this type of ISR operational design. The enterprise has continued to advance, achieving fully distributed operations around the world. We also made it possible to remove humans from aircraft, allowing missions to fly nearly three times longer and expand the data available to exploit. Correspondingly, the Air Force increased the number of organizations that could accept data and create intelligence. Following 9/11, our nation's needs changed; the fight necessitated the Air Force grow its capacity to deliver intelligence for expanded operations in the Middle East. We bought more unmanned vehicles, trained more ISR Airmen, and created more organizations to exploit data. Collection operations were happening 24/7 and most sorties required multiple crews to fly, control sensors and turn collection tasks into intelligence. As reachback operations grew, they became the Distributed Common Ground System and developed the ability to exploit aircraft sensor data. This growth was significant, but at the tactical level we employed the same crew model and simply grew at scale. This resulted in manpower growth, but also in disparate, distributed crews working similar tactical requirements with little unity of effort or larger purpose. This limited the ability of ISR airpower to have broader operational effects. While suitable for counter-terrorism, history tells us this approach is ill advised for great power conflict. Observe and orient: the data explosion and sense-making The traditional crew-to-aircraft model for exploitation must fast forward to today's information environment. The Pentagon has shifted its guidance to this new reality. The Defense Department recently declared information a seventh core function, and the Air Force's formal ISR flight plan maps a course for digital-age capabilities to turn information into intelligence. This “sense-making” must be able to handle both the complexity of a diverse information environment and scale to contend with an exploding volume of data. Access to expanded data sets, from diverse collection sources and phenomenology, is near and urgently needed. The Department's focus on artificial intelligence and machine learning in this realm remains stable and necessary. The next step is to retool how we task, organize, and equip both intelligence collection and analytic crews. As the Pentagon focuses on open architectures, artificial intelligence and machine learning, and data standards, the field is rapidly moving out. Air Combat Command , the Air Force lead command for ISR, is attacking the crew-to-aircraft model to test a sensor-agnostic approach using multiple data sources to address intelligence requirements. Cross-functional teams of Airmen are now assigned broader operational problems to solve, rather than a specific sensor to exploit. This will change joint and service collection management processes. ACC is tackling this future. We are supporting Air Force commanders in Europe and the Pacific with a pilot project that allows Airmen to explore these sensor-agnostic approaches. An additional element to our future success is partnering with our joint and allied partners, as well as national agencies, to bring resources, tools, and insights to bear. 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Employing AI/ML against repetitive data exploitation tasks will allow the service to refocus many of its ISR Airmen on AI/ML-assisted data analysis and problem solving. ISR and multi domain command and control ... enabling decide and act A headquarters-led initiative, with eyes toward a joint capability, is the creation of a collaborative sensing grid that operates seamlessly across the threat spectrum. Designs call for a data-centric network of multi domain platforms, sensors, and airmen that work together to provide persistent ISR. Equipped with manned and unmanned platform sensors capable of computing via AI/ML, these capabilities will link commanders to real-time information, plus tip and cue data from sensors-to-sensors, joint commanders, and weapons. This collaborative sensing grid is a foundational element for multi domain command and control . The vision of MDC2 is to outpace, outthink and outmaneuver adversaries. Creatively and rapidly applying new technology to operational problems is a long-held characteristic of airmen. Our DCGS airmen are no different. Non-material solutions deserve as much attention as hardware. This pilot project is our vanguard initiative to prepare for rapidly changing future systems environments. https://www.c4isrnet.com/opinion/2019/10/08/how-airmen-can-work-together-for-persistent-isr/

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