Back to news

November 29, 2019 | International, Aerospace

SCAF : Paris et Berlin ont trouvé un accord sur les moteurs du futur avion de combat européen

Par Michel Cabirol

La France et l'Allemagne ont trouvé un accord sur l'organisation industrielle des moteurs. Dans un premier temps, Safran sera bien le maître d'oeuvre et MTU sous-traitant. Par la suite, les industriels vont créer une société commune à parité pour porter les contrats puis la certification du moteur.

Rencontré la semaine dernière au salon aéronautique de Dubaï, le patron d'Airbus Defence & Space, Dirk Hoke, avait assuré à La Tribune que les difficultés du Système de combat aérien du Futur (SCAF) allaient être surmontées, y compris sur le difficile volet concernant les motoristes (Safran, MTU). Et de préciser que l'Allemagne et la France allaient "trouver une solution" sur l'organisation industrielle des moteurs du futur avion de combat européen, le programme NGF (Next Generation Fighter). C'est désormais chose faite, selon plusieurs sources concordantes.

Le SCAF est donc enfin sur la piste de décollage. Si aucun aléa ne vient perturber la "phase de roulage"', le programme européen (Allemagne, France et Espagne) devrait décoller fin janvier avec la notification des contrats de Recherche et Technologie (R&T) sur les cinq piliers du projet, dont le fameux démonstrateur technologique sous la maîtrise d'oeuvre de Dassault Aviation qui est très attendu. Mais le temps presse. Et chaque minute compte, y compris celles des week-ends, pour être à l'heure du calendrier politique, comprendre, celui d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel.

Une organisation industrielle enfin figée

Paris et Berlin ont trouvé un accord oral, qui doit être désormais décliné par écrit. Dans la phase 1A (Recherche et Technologie), la France a obtenu que Safran soit clairement le maître d'oeuvre tandis que MTU se cantonne à un rôle de sous-traitant principal (main partner). Cette organisation était jusqu'ici contestée par MTU, lui même soutenu par le parlement allemand. Mais la France n'a pas cédé. C'était d'ailleurs une volonté très ferme de la France que d'équilibrer les rapports entre les industriels français et allemands sur le SCAF (Airbus Allemagne est maître d'oeuvre de trois piliers tandis que Dassault Aviation et Safran le sont pour un pilier chacun). "Ce schéma-là a fini par être agréé", explique-t-on à La Tribune.

La direction générale de l'armement (DGA) voulait que "les responsabilités soient clairement affichées, contrairement à ce qui avait été fait pour le moteur de l'Airbus A400M", avait confirmé début octobre le Délégué général pour l'armement, Joël Barre, au Sénat. "Nous tenons donc à avoir un responsable par poste et nous sommes en discussion avec Safran et MTU de façon à ce que Safran joue ce rôle en matière de moteur, pour des raisons d'équilibre de partage industriel entre les postes", avait-il précisé. Ce qui avait provoqué un coup d'arrêt du programme SCAF en raison de l'hostilité de MTU, soutenu par le parlement allemand.

Une société commune créée entre Safran et MTU

Après la phase de R&T, Safran et MTU se sont engagés à créer une société commune à parité (50/50), dont la date de création et les contours doivent encore être négociés. Cette société portera les contrats et s'appuiera sur les compétences des deux sociétés mères. Mais la répartition des t'ches entre les deux industriels devra être cohérente en fonction de leur compétence (intégration pour Safran, services pour MTU). In fine, cette société portera la certification du moteur du futur avion de combat européen. Tous les acteurs concernés par ce dossier sont "alignés" sur ce schéma industriel, assure-t-on à La Tribune. La DGA n'attend plus désormais sur son bureau que les propositions techniques et financières des industriels, qui devraient arriver de façon imminente. Date butoir, le 6 décembre.

Par ailleurs, la place d'Indra, le groupe espagnol que Madrid a désigné pour être son champion au sein du SCAF au grand dam d'Airbus, a également été réglée. Le groupe espagnol, qui sera un sous-traitant majeur de Dassault Aviation, ne sera pas seulement sur la photo, il sera bien dans le programme et obtiendra des contrats de R&T, affirme-t-on à La tribune. Par la suite, Indra aura une part définie selon le montant de l'investissement, que Madrid consentira dans le programme SCAF.

Le dossier Propriété intellectuelle traité

A Dubaï, le patron des activités défense d'Airbus s'était également montré résolument optimiste pour trouver une solution en vue de régler le dossier sensible de la propriété intellectuelle. D'autant que l'Allemagne a surpris en faisant la démonstration de son savoir-faire dans le domaine des systèmes de systèmes à travers un programme jusqu'ici secret. En effet, Airbus Allemagne a récemment dévoilé l'existence d'un démonstrateur de drone de combat furtif, baptisé LOUT (Low Observable UAV Testbed).

Là aussi, la France et l'Allemagne ont trouvé un accord cadre où chaque industriel pourra protéger la propriété intellectuelle de ses compétences. Ce qui veut dire que Safran par exemple n'est pas obligé de transférer à MTU ses compétences sur les parties chaudes du moteur. En revanche, toutes les compétences nécessaires à l'établissement des études en commun sont partagées dans un cadre de droit d'usage. Clairement, tout ce qui est créé par les industriels dans le cadre de la coopération (Airbus/Dassault Aviation ou Safran et MTU par exemple), appartient de manière conjointe aux entreprises. En outre, les Etats peuvent s'en servir pour leurs besoins de défense. En revanche, pas question pour les industriels de transférer vers le civil des savoir-faire s'ils n'en ont pas la propriété intellectuelle.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/scaf-berlin-et-paris-ont-trouve-un-accord-sur-les-moteurs-du-futur-avion-de-combat-europeen-834088.html

On the same subject

  • Contracts for June 29, 2021

    June 30, 2021 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security

    Contracts for June 29, 2021

    Today

  • Rheinmetall to supply Germany’s Federal Police with protective vest inserts

    December 7, 2018 | International, Land

    Rheinmetall to supply Germany’s Federal Police with protective vest inserts

    Rheinmetall has won an order to supply the German Federal Police with ballistic inserts for protective vests. The framework agreement lasts 36 months and is worth a total of around €10 million. Representing roughly €1 million in sales, a first batch consisting of over 5,000 ballistic inserts will be shipped in spring 2019. The contract encompasses an option for the supply of an additional 36,000 inserts. Developed and produced by Rheinmetall Ballistic Protection in Krefeld, Germany, the inserts exploit the latest technology in order to achieve high protection at the lowest possible weight. Among the lightest of their kind, these inserts withstand shots fired from an AK-47 assault rifle. As a result, law enforcement officers who find themselves in complex, life-threatening situations are not only well protected, but able to manoeuvre easily as well. Rheinmetall – a powerful partner of the police and security services Headquartered in Düsseldorf, Rheinmetall AG is a publicly traded, globally operating technology group. It consists of two operational units: Rheinmetall Defence and Rheinmetall Automotive. In 2017 the Group's 23,000 employees generated sales of just under €6 billion. Rheinmetall feels a special obligation to make the best-possible equipment available to those whose task it is to protect our society. Its Public Security product portfolio – tailored to meet the needs of law enforcement agencies and security services – covers a wide array of capabilities, ranging from reconnaissance and surveillance to command and control, cyber operations, kinetics, force protection and tactical mobility. https://www.rheinmetall-defence.com/en/rheinmetall_defence/public_relations/news/latest_news/index_18816.php

  • Oshkosh agrees to buy Pratt Miller for $115M

    December 17, 2020 | International, Land

    Oshkosh agrees to buy Pratt Miller for $115M

    By: Jen Judson WASHINGTON — Joint Light Tactical Vehicle-maker Oshkosh Defense announced it has agreed to buy engineering company Pratt Miller, which brings with it artificial intelligence, autonomy and robotics expertise. Oshkosh said in a Dec. 15 news release that it has entered into a definitive agreement to acquire Pratt Miller in a cash-free, debt-free purchase price of $115 million. The New Hudson, Michigan-based Pratt Miller will keep its name, team, facilities and branding, according to the statement. The engineering company was founded in 1989 and is becoming known for its robotics capabilities. The firm recently won a U.S. Army contract in a partnership with QinetiQ to provide prototypes of the light variant of its Robotic Combat Vehicle for evaluation. Pratt Miller also won a contract to develop a design to integrate a new weapon system onto a Stryker combat vehicle under the Stryker Medium Caliber Weapons System lethality program. It is partnered with Rafael in the competition in which government testing of offerings is ongoing. The Israeli government recently expressed enthusiastic interest in mating Oshkosh vehicles with Rafael's Iron Dome missile defense system. In addition, Pratt Miller was one of six companies chosen by Army Futures Command to work on ways to improve the currently cumbersome, taxing and sometimes risky munitions resupply system for field artillery units operating M109 Paladin howitzers. “Pratt Miller has made significant advances in dynamic growth areas such as artificial intelligence, robotics, autonomous and connected systems and electrification,” which puts Oshkosh more into the robotics game than ever before. “We believe combining Pratt Miller's engineering expertise with Oshkosh's innovation and operational strengths will enable us to better serve customers and position our Company for growth,” John Pfeifer, Oshkosh Corporation president and chief operating officer, said in the statement. “Pratt Miller's motorsports heritage has created a culture of speed and agility that has defined our success,” added Matt Carroll, the company's CEO. “Oshkosh is an ideal partner for us to apply that mindset to some of the most significant challenges facing customers today. Together, we expect to grow our decade-long partnership and expand our pipeline of new business opportunities. We look forward to learning from one another and continuing to innovate to bring market-leading products to our customers.” The buy, which is subject to customary closing conditions, should be complete in the first quarter of calendar year 2021, the statement noted. The acquisition also could give Oshkosh more leverage in competitions like JLTV re-compete effort which has recently kicked off and the Optionally Manned Fighting Vehicle program to replace the Bradley Infantry Fighting Vehicle. A request for proposals for the OMFV program is expected to drop by the end of the week. https://www.defensenews.com/land/2020/12/15/oshkosh-buys-pratt-miller-for-115m/

All news