2 mai 2022 | International, Autre défense

L’industrie d’armement allemand redore son blason mais craint un rationnement sur le gaz

DÉFENSE

L'industrie d'armement allemand redore son blason mais craint un rationnement sur le gaz

Mardi 26 avril, la ministre de la Défense, Christine Lambrecht, a surpris ses homologues de l'OTAN réunis sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne, en acceptant d'acheminer en Ukraine des chars Guepard, un matériel fabriqué par le constructeur Krauss-Maffei Wegmann (KMW). Par ailleurs, Olaf Scholz souhaite sanctuariser son plan de 100 Md€ sur 5 ans, en l'inscrivant dans la Loi fondamentale allemande, une proposition qui fait débat outre-Rhin. Parias de l'industrie, mal-aimées aussi bien dans la population que dans le monde politique, les entreprises d'armement allemandes, entièrement privées, sont revenues sur le devant de la scène depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Dès le lendemain du discours d'Olaf Scholz, le patron du groupe KMW, Armin Papperger, avait surpris le secteur en proposant une liste d'équipements que son groupe pouvait livrer à la Bundeswehr ces prochaines années, pour un montant total de 42 Md€. Le tournant allemand en matière de Défense va-t-il permettre d'accélérer la formation d'une véritable industrie de défense européenne intégrée, dans laquelle les groupes allemands joueraient un rôle important ? Rien de moins sûr pour Christian Mölling, expert défense et sécurité à l'institut allemand de politique extérieure (DGAP) : « Le gros problème, c'est que l'Allemagne n'a pas encore effectué le basculement mental nécessaire au vu des circonstances ». Les projets de système d'armement commun dans l'air (FCAS) et sur terre (MGCS), en discussion depuis dix ans, ont peu avancé. La question est de savoir si ce dossier est susceptible d'effectuer une avancée décisive avec un couple franco-allemand Macron-Scholz, renforcé par les élections françaises. Autre préoccupation majeure de l'industrie lourde allemande : la crainte d'un rationnement sur le gaz en provenance de Russie. Des sociétés comme BASF, dans le secteur des hydrocarbures, verrait 40% de sa production se paralyser en cas d'arrêt brutal des livraisons ; le groupe sidérurgique ThyssenKrupp a, lui, annoncé la mise au chômage partiel de 1 300 salariés récemment. L'industrie allemande représente environ 37% de la consommation de gaz du pays, très dépendante des approvisionnements russes.

Le Monde et les Echos du 29 avril


Sur le même sujet

  • Armement : la bombe incendiaire de la filière défense (GICAT) contre les banques françaises

    21 octobre 2020 | International, Aérospatial, Naval, Terrestre, C4ISR, Sécurité, Autre défense

    Armement : la bombe incendiaire de la filière défense (GICAT) contre les banques françaises

    Michel Cabirol Sous la pression d'éventuelles sanctions américaines et des ONG, les banques françaises, dont BNP Paribas et Société Générale, appliquent désormais des règles de conformité (compliance) excessives pour les entreprises de défense considérées comme des entreprises à risque pour un financement. Cette tendance est en train d'étrangler progressivement une industrie de souveraineté. "Même si vos solutions semblent d'avenir et votre stratégie business cohérente, vous accompagner est trop risqué pour nous compte-tenu de la part de la défense dans vos contrats à venir". "Le critère de souveraineté n'est pas notre sujet quand nous évaluons un financement". "Ce n'est pas parce que la BPI vous soutient, que vous avez des contrats déjà signés, que nous devons vous suivre aveuglément"... Les refus de financement des banques françaises se multiplient, les témoignages désespérés, notamment des PME ou start-up de la filière défense, aussi. Clairement les banques, dont BNP Paribas et Société Générale, jouent de moins en moins le jeu pour financer et/ou accompagner une industrie souveraine, la défense, qui reste pourtant soutenue par l'État français, selon une note du GICAT (Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) envoyée aux ministères des Armées et de l'Économie et que La Tribune a pu se procurer. Consciente du danger mortel que cette situation représente pour le secteur, la commission de la défense de l'Assemblée nationale souhaite s'emparer de ce sujet en lançant d'ici à la fin de la semaine une mission flash sur ce dossier extrêmement sensible. "Depuis maintenant deux ans, notre industrie de défense est confrontée à un problème croissant : le système bancaire et financier français est de plus en plus réticent à accompagner nos entreprises du secteur de la défense tant pour leur développement qu'en soutien à l'exportation", constate cette note du GICAT. Les directions juridiques ont pris le pouvoir Les refus de financement se décident principalement dans les bureaux discrets des équipes de juristes et d'avocats (compliance et éthique) devenues très puissantes (trop ?) au sein des directions des banques françaises. Ces dernières refusent des financements dans le développement, voire l'ouverture de compte auprès de jeunes entreprises "pure player" de la défense ou duales, assure le GICAT. "Les organismes bancaires décident de manière discrétionnaire de critères de compliance très poussés, se basant sur les analyses et recommandations de prestataires privés dont il n'est pas précisé le nom ou la nationalité", regrette l'organisation professionnelle. C'est le cas entre autre de la Société Générale, citée dans le document du GICAT : "l'industrie de la défense fait l'objet d'une attention particulière compte tenu du détournement potentiel d'usage de ses produits". "Au-delà des réglementations applicables, le groupe Société Générale définit dans la présente politique des critères additionnels d'exclusion et d'évaluation, qui... https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/armement-la-bombe-incendiaire-de-la-filiere-defense-gicat-contre-les-banques-francaises-860045.html

  • Marines Want Missiles To Sink Ships From Shores, And They Want Them Fast

    18 janvier 2019 | International, Naval, Terrestre

    Marines Want Missiles To Sink Ships From Shores, And They Want Them Fast

    By PAUL MCLEARY WASHINGTON The Marine Corps has kicked off a rapid development program to begin firing long-range anti-ship missiles from shore-based ground vehicles in an effort to add more punch to the Navy's growing anti-ship capabilities, which are aimed squarely at Chinese and Russian advances. Dubbed the Navy-Marine Expeditionary Ship Interdiction System — that's NEMSIS to you — the program has completed its design phase. For the missile itself, Marines are looking at Lockheed Martin's new Long-Range Anti-Ship Missile (LRASM), with stealthy features to penetrate enemy missile defenses, a 1,000-pound warhead, and a range disclosed only as “over 200 miles”; Raytheon's Naval Strike Missile (NSM) already chosen as an upgrade for Navy Littoral Combat Ships, with a 264-lb warhead and a 115-mile range; and Boeing's venerable Harpoon, whose variants have a 500-lb warhead and ranges between 70 and 150 miles. The program kicked off last year with a request for information (RFI), after which companies signed OTA agreements with the service in September. Final proposals were submitted in December. Full article: https://breakingdefense.com/2019/01/marines-want-missiles-to-sink-ships-from-shores-and-they-want-them-fast/

  • Boeing and Mitsubishi sign agreement to support Japan F-15 upgrades

    30 juillet 2020 | International, Aérospatial

    Boeing and Mitsubishi sign agreement to support Japan F-15 upgrades

    By: Mike Yeo   1 day ago MELBOURNE, Australia — American firm Boeing has signed an agreement with Japanese company Mitsubishi Heavy Industries to support upgrades to Japan's fleet of F-15 fighter jets. The agreement, made through the U.S. Direct Commercial Sales process, is part of a larger $4.5 billion modernization program for 98 of Japan's F-15J/DJ Eagle interceptors ordered through the U.S. Foreign Military Sales process and approved by the U.S. State Department in 2019. Boeing will provide MHI with retrofit drawings, ground support equipment and technical publications for the upgrade of the first two F-15J aircraft to the Japan Super Interceptor configuration, also known as F-15JSI. The full suite of upgrades will introduce a new radar, electronic warfare capabilities and weapons. Also included is a new advanced cockpit system running on an advanced mission computer for meant to improve pilot situational awareness. The new active electronically scanned array radar will be the Raytheon AN/APG-82(v)1 multimode set, which is also being fit on the U.S. Air Force's F-15E Strike Eagles. Japan had requested 103 radars, including six spare sets, along with 116 Honeywell Advanced Display Core Processor II mission computers and 101 BAE Systems AN/ALQ-239 digital electronic warfare systems. The upgrade package will also include anti-spoofing GPS gear for more precise navigation, as well as new radios. Japan's also requested “aircraft and munition integration and test support.” The U.S. Defense Security Cooperation Agency notification about Japan's request did not provide more details, but Boeing's announcement of the contract included artwork of an F-15 in Japanese markings with a Lockheed Martin AGM-158 Joint Air-to-Surface Standoff Missile on its centerline weapon station. Japan had confirmed in its Mid-Term Defense Plan in late 2018 that it intended to procure the JASSM for long-range land-attack missions and integrate it onto F-15s. However, it's not clear whether Japan will take up Boeing's proposal to increase the number of AIM-120 medium-range air-to-air missiles that can be carried by the F-15 to 18, which the company had previously displayed on model at an aerospace exhibition in Japan. The Japan Air Self-Defense Force operates a fleet of about 200 single-seat F-15J and two-seat F-15DJ Eagle aircraft. These are all configured for an air defense role with virtually no air-to-ground capability, and they serve with seven different operational squadrons throughout Japan, a training squadron and another unit in the dedicated aggressor role, acting as the adversary during training exercises. The fleet, particularly the two squadrons based on Japan's southern island of Okinawa, have been heavily engaged in monitoring foreign military aircraft entering Japan's air defense identification zone in the international airspace around Japan. The Defense Ministry says these foreign aircraft are predominantly Chinese, with Russian aircraft coming in at a distant second. The Japan Times newspaper recently reported on China's increased use of an air base in its Fujian province to fly fighter jets near the disputed Senkaku islands. In response, the Japan Air Self-Defense Force scrambles interceptors from Okinawa once the Chinese jets take off from the Fujian base. The newspaper also reported that the Japan Air Self-Defense Force is scrambling four instead of two aircraft on each occasion, noting that the Chinese base is closer to the disputed islands than the Japanese air bases in Okinawa. https://www.defensenews.com/industry/2020/07/29/boeing-and-mitsubishi-ink-deal-to-support-japan-f-15-upgrades/

Toutes les nouvelles