12 février 2024 | International, Aérospatial

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    "Nous visons les entreprises qui ont un potentiel dual, à la fois civil et militaire", annonce Emmanuel Chiva, le patron de l'Agence de l'innovation de Défense

    Pour le directeur de l'Agence de l'innovation de défense, Emmanuel Chiva, il faut détecter plus vite les technologies capables d'arriver sur le champ de bataille pour imaginer les parades et les évaluer à des fins militaires. L'Usine Nouvelle. - Quel est l'objectif du ministère des Armées avec cette deuxième édition digitale du Forum innovation défense, du 2 au 4 décembre ? Emmanuel Chiva. - Nous souhaitons montrer à un large public la diversité de l'innovation de défense en termes de recherche, de projets et de préparation des futures capacités militaires. Nous voulons attirer des sociétés industrielles et des porteurs de projets innovants en les informant du soutien dont ils peuvent bénéficier. C'est également un moyen de susciter des vocations chez les ingénieurs et les chercheurs. Cet événement sera l'occasion de lancer notre fonds d'investissement dédié à l'innovation de défense et doté de 200 millions d'euros. Quel est le profil des entreprises ciblées ? Nous visons les entreprises qui ont un potentiel dual, à la fois civil et militaire dans des technologies qui sont importantes pour les armées : les technologies quantiques, l'intelligence artificielle, l'énergie, les matériaux... Ce qui nous intéresse, c'est de « capter » des technologies développées par des sociétés déjà établies sur leur marché primaire, mais qui présentent un intérêt pour la défense. Pourtant certaines sociétés innovantes nous disent qu'il n'est pas toujours simple de travailler avec le ministère. Comme le fabricant de drones Parrot... Je suis surpris. Des acteurs comme Parrot sont reçus à l'Agence et nous regardons comment nous pourrions intégrer leurs technologies... C'est typiquement le type d'innovation qui nous intéresse. De la même manière, nous travaillons avec Franky Zapata [l'inventeur du Flyboard, un engin à sustentation hydropropulsé, ndlr]. Nous réfléchissons à l'utilisation de sa technologie pour envisager un « robot-mule volant » à des fins d'évacuation sanitaire, de transport de munitions... Nous finançons ses travaux pour optimiser ses moteurs en termes d'autonomie et de discrétion acoustique, en partenariat avec l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (Onera) et la société Poly-Shape, spécialiste de la fabrication additive à partir de métal. Auparavant, les grands programmes militaires dans le spatial, la dissuasion nucléaire, tiraient l'innovation civile... Aujourd'hui, l'inverse se produit. Pourquoi ? Ce qui a changé, c'est le rythme de l'innovation civile. On assiste à un raccourcissement des cycles entre l'idée, sa réalisation et son emploi sur un marché. La puissance des Gafam et de leurs équivalents chinois, les BATX, change aussi les équilibres. Ils investissent des sommes considérables dans les applications à base d'intelligence artificielle, d'où l'accélération et la démocratisation de l'accès à cette technologie. C'est une source d'opportunités pour les armées. Le secteur civil est mieux placé que nous pour développer certaines technologies car nous n'irons pas plus vite. C'est le cas des processeurs graphiques, tirés par l'industrie du jeu vidéo, ou de la propulsion électrique, tirée par l'industrie automobile. Néanmoins, ces technologies civiles vont nécessiter une adaptation. Une voiture électrique sur une autoroute européenne n'est pas soumise aux mêmes conditions d'emploi qu'un véhicule d'infanterie dans le nord du Mali, où les routes sont sommaires et les stations de recharge inexistantes ! Cette démocratisation des technologies ne représente-elle pas une menace ? Ce qui nous empêche de dormir, ce serait de rater les prochaines évolutions à très court cycle et que nos adversaires s'en emparent alors avant nous. Regardez les groupes terroristes : ils utilisent les drones, l'impression 3D pour fabriquer des armes... Plus vite nous détectons l'innovation, plus vite nous pouvons imaginer les parades pour nous en protéger et les évaluer pour un usage militaire. Nous sommes engagés dans une course. Comment l'agence s'organise-t-elle pour capter cette innovation tous azimuts ? La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit d'augmenter de 25 % les crédits annuels consacrés à l'innovation pour atteindre 1 milliard d'euros en 2022. Avec ses 100 salariés, l'Agence agit avant tout comme un chef d'orchestre de l'innovation. Et dans un orchestre, le chef ne joue pas tous les instruments ! Nous nous appuyons sur un réseau national qui comprend les laboratoires d'innovation des armées et les centres d'expertise technique et d'essais de la Direction générale de l'armement. Nous avons par ailleurs créé une cellule de détection et de captation, une petite équipe chargée de faire en quelque sorte « la chasse et la pêche » à l'innovation. Il s'agit de correspondants qui se rendent dans les incubateurs, les salons, les communautés d'innovations... Ces derniers ont permis à l'Agence de travailler avec la société SEAir, qui fabrique des foils rétractables pour les bateaux à coque semi-rigide. Demain, une embarcation des forces spéciales intégrera cette innovation. Nos équipes n'hésitent pas non plus à se rendre là où on ne les attend pas. Les salons de cosmétique par exemple ! Les géants du domaine réalisent des développements pour le traitement de la peau qui pourraient avoir un intérêt dans le soin aux grands brûlés. Dans certains domaines technologiques, par exemple les missiles hypervéloces, la France ne risque-t-elle pas de se faire déclasser ? Les États-Unis, la Russie et la Chine sont les plus actifs sur ce sujet. Si la France est plus discrète, elle n'a pas forcément de retard du fait des exigences technologiques dans le domaine des véhicules spatiaux liés au programme de dissuasion. Nous avons une expertise reconnue en matière de technologies spatiales, de propulsion, de guidage et de science des matériaux. Nous menons un programme structurant dans le domaine de l'hypervélocité qui s'incarne, par exemple, dans le développement par l'Agence d'un démonstrateur dédié à la montée en maturité des technologies d'un planeur hypersonique. Quelles sont vos priorités en matière de technologies quantiques ? À notre sens, l'ordinateur quantique n'est pas un sujet militaire en soi. La recherche d'un tel ordinateur est faite par l'industrie, au niveau mondial. En revanche, le ministère des Armées finance les travaux qui sont spécifiquement liés à une utilisation militaire possible des technologies quantiques. Les technologies de cryptographie post-quantique nous intéressent au premier plan. Nous suivons également de près l'évolution des capteurs quantiques. En particulier les travaux de l'Onera sur les gravimètres quantiques à atomes froids, qui peuvent avoir des applications dans la navigation sans GPS. Vous aviez en prévision la création d'une Red Team au sein du ministère des Armées, qui s'appuierait sur des auteurs de science-fiction. De quoi s'agit-il ? Nous profiterons du Digital forum innovation défense pour faire découvrir les auteurs qui ont intégré cette Red Team et pour rendre publics ses premiers travaux. Son but est d'identifier les menaces auxquelles nous pourrions être confrontés à l'horizon 2060 et la manière de les anticiper d'un point de vue technologique, organisationnel et sociétal... Pour illustrer la démarche, citons l'équipe de Los Alamos du programme nucléaire américain à la veille de la Seconde Guerre mondiale, qui a reconnu s'être inspirée des ouvrages de Robert Heinlein, un auteur de science-fiction, pour mettre au point le concept de la dissuasion nucléaire. Isaac Asimov, auteur de la série « Fondation », a également travaillé pour le gouvernement américain. Nous avons d'abord été surpris par le succès de notre appel à candidatures auprès des personnes travaillant dans le domaine de la science-fiction : auteurs, écrivains, dessinateurs... Plus de 600 candidatures ont été déposées alors que nous nous attentions à en recevoir une vingtaine ! https://www.usinenouvelle.com/editorial/nous-visons-les-entreprises-qui-ont-un-potentiel-dual-a-la-fois-civil-et-militaire-annonce-emmanuel-chiva-le-patron-de-l-agence-de-l-innovation-de-defense.N1034509

  • Contract Awards by US Department of Defense - January 16, 2019

    17 janvier 2019 | International, Aérospatial, Naval, Terrestre, C4ISR, Sécurité

    Contract Awards by US Department of Defense - January 16, 2019

    ARMY Caddell Construction Co. (DE) LLC., Montgomery, Alabama, was awarded a $143,514,000 firm-fixed-price contract for the construction of an airmen training complex dormitory, a dining and classroom facility, supporting facilities, a free standing equipment building, a weapons cleaning pavilion, running track, exercise pads and parking lots. Bids were solicited via the internet with two received. Work will be performed in San Antonio, Texas, with an estimated completion date of June 8, 2021. Fiscal 2019 military construction funds in the amount of $143,514,000 were obligated at the time of the award. U.S. Army Corps of Engineers, Fort Worth, Texas, is the contracting activity (W9126G-19-C-0001). IICON Construction Group LLC,* Colorado Springs, Colorado, was awarded a $15,179,720 firm-fixed-price contract for construction of a National Guard readiness center. Bids were solicited via the internet with five received. Work will be performed in Fort Carson, Colorado, with an estimated completion date of Aug. 31, 2020. Fiscal 2017 military construction funds in the amount of $15,179,720 were obligated at the time of the award. National Guard Bureau, Arlington, Virginia, is the contracting activity (W912LC-19-C-0001). CORRECTION: The contract announced on Jan. 15, 2019, for $474,084,062 to BAE Systems Land & Armaments LP, York, Pennsylvania, has not been awarded. No award date has been determined at this time. DEFENSE LOGISTICS AGENCY Puerto Rico Apparel Manufacturing (PRAMA) Corp.,** Mayaguez, Puerto Rico, has been awarded a maximum $11,648,229 firm-fixed-price, indefinite-delivery/indefinite-quantity contract for various types of coats and trousers. This was a competitive acquisition with seven responses received. This is a one-year base contract with four one-year option periods. Location of performance is Puerto Rico, with a Jan. 10, 2024, estimated performance completion date. Using military services are Army and Air Force. Type of appropriation is fiscal 2019 through 2024 defense working capital funds. The contracting activity is Defense Logistics Agency Troop Support, Philadelphia, Pennsylvania (SPE1C1-19-D-1127). Alamo Strategic Manufacturing,*** San Antonio, Texas, has been awarded a maximum $8,550,000 firm-fixed-price, indefinite-quantity contract for knee and elbow pads. This was a competitive acquisition with two responses received. This is a one-year base contract with two one-year option periods. Locations of performance are Texas and Puerto Rico, with a Jan. 30, 2020, performance completion date. Using military services are Army, Air Force, and Marine Corps. Type of appropriation is fiscal 2019 through 2020 defense working capital funds. The contracting activity is the Defense Logistics Agency Troop Support, Philadelphia, Pennsylvania. (SPE1C1-19-D-1122). NAVY Gilbane Federal, Concord, California, is awarded a $10,966,383 firm-fixed-price modification to previously awarded contract (N39430-15-D-1634) to decrease the value of the contract for the cleaning, inspection and repair of Fuel Storage Tanks 305, 307, and 308 at Defense Fuel Support Point (DFSP) Tsurumi, Japan. Work on Tanks 305, 307, and 308 is being removed from the contract due to contractor performance problems. After award of this modification, the total cumulative contract value will be $6,426,985. Work will be performed in Tsurumi, Japan, and is expected to be completed by March 2019. Fiscal 2016 defense working capital (Defense Logistics Agency) contract funds in the amount of $10,966,383 are de-obligated on this award and will not expire at the end of the current fiscal year. The Naval Facilities Engineering and Expeditionary Warfare Center, Port Hueneme, California, is the contracting activity. Sikorsky, a Lockheed Martin Co., Stratford, Connecticut, is awarded $7,026,164 for cost-plus-fixed-fee modification P00017 to a previously awarded fixed-price-incentive-firm/cost-plus-fixed-fee contract (N00019-16-C-0048). This modification provides for Automated Logistics Environment software maintenance operating systems and obsolescence avoidance in support of the low rate initial production CH-53K aircraft. The work will be performed in Stratford, Connecticut, and is expected to be completed in October 2021. Fiscal 2018 aircraft procurement (Navy) funds in the amount of $7,026,164 will be obligated at time of award; none of which will expire at the end of the current fiscal year. The Naval Air Systems Command, Patuxent River, Maryland, is the contracting activity. *Small Business **Economically disadvantaged women-owned small business in historically underutilized business zones ***Small disadvantaged business https://dod.defense.gov/News/Contracts/Contract-View/Article/1733689/source/GovDelivery/

  • Photonis réalise un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2020 et rachète Device-ALab

    22 mars 2021 | International, C4ISR

    Photonis réalise un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2020 et rachète Device-ALab

    Spécialiste de la vision nocturne pour les forces armées, la PME française Photonis a conclu en 2020 un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, dix fois supérieur à celui de l'année précédente. Photonis a été sélectionné comme fournisseur exclusif de tubes intensificateurs de lumière pour le nouveau programme d'acquisition d'armes de précision de l'Armée Française, et il a obtenu le contrat des nouvelles jumelles de vision nocturne O-NYX. La société a par ailleurs annoncé le rachat de Device-ALab, l'un de ses partenaires dans le marché des caméras infrarouge. « Cela fait quatre ans que nous sommes partenaires et depuis plusieurs mois, nous envisagions de fusionner nos technologies. L'infrarouge est en pleine croissance et extrêmement complémentaire de nos technologies actuelles », explique Geoffroy Deltel, le directeur technique de Photonis. Les deux partenaires ont gagné il y a deux ans un contrat de la DGA pour les tireurs d'élite, et Photonis l'a accompagné en Australie pour équiper des véhicules militaires. Les Echos du 22 mars 2021

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