9 novembre 2018 | International, Aérospatial, Naval

Armement : les coopérations européennes se multiplient

ANNE BAUER

Pour le patron de la DGA Joël Barre, l'un des principaux défis de 2019 est de donner corps aux multiples programmes en partenariat avec d'autres pays européens. Le dialogue avec l'Allemagne est compliqué.

Les restrictions budgétaires présentées mercredi par la loi de finances rectificative 2018 n'auront pas de conséquences significatives sur les livraisons d'équipements aux armées, a promis jeudi le directeur général de l'armement (DGA) Joël Barre. Son administration, chargée de l'équipement des forces, avait anticipé ce gel par une gestion prudente, a-t-il expliqué, en soulignant que les 319 millions d'euros d'annulations de crédits annoncés mercredi ne représentent que 3 % du budget d'équipement de 2018.

12,7 milliards de commandes

Cette année, la DGA peut engager 12,7 milliards d'euros contre 11,2 milliards l'an dernier, tandis que le montant prévu en 2019, première année d'application de la nouvelle loi de programmation militaire, atteindra 14,3 milliards d'euros. Parmi les investissements importants, la marine commandera en 2018 et 2019 ses cinquième et sixième sous-marins Barracuda, 4 navires pétroliers ravitailleurs et plusieurs patrouilleurs.

L'armée de l'air bénéficiera de la rénovation des avions Rafale au nouveau standard 3, avec notamment le nouveau missile air-air, MICA NG, dont 567 exemplaires seront commandés. Quant à l'armée de terre, elle recevra enfin ses premiers « Griffon », les blindés légers de nouvelle génération.

Une année sans panache pour les exportations

A l'exportation, l'industrie française de défense enregistre « une année normale », résume Joël Barre, en déclarant s'attendre en 2018 à quelque 7 milliards d'euros d'exportations, comme en 2017 - après 16 milliards en 2016 et 14 milliards en 2015, années de la vente de 12 sous-marins en Australie et de 96 Rafale à l'Egypte, le Qatar et l'Inde. Joël Barre a d'ailleurs confirmé que les négociations avec l'Australie se poursuivaient pour définir l'accord de partenariat stratégique et débloquer une nouvelle tranche de contrats de 1,5 milliard d'euros.

Il a par ailleurs confirmé que la DGA avait estimé que « les conditions n'étaient pas réunies » pour que Dassault Aviation participe au futur appel d'offres que souhaite lancer le Canada en 2019 pour acquérir 88 avions de combat. Notamment parce que la France n'appartient pas à l'alliance dite des « Five Eyes » formée par les services de renseignement du monde anglo-saxon (Royaume-Uni, Australie, Canada et Nouvelle-Zélande). Ce qui aurait compliqué l'échange de renseignements avec les Américains.

Multiples coopérations européennes

Pour la DGA, les principaux défis de 2019 sont toutefois de donner vie à la coopération européenne. Avec le Royaume-Uni, la DGA cherche comment maintenir un courant d'échanges dans l'aviation de chasse « pour garder le contact », tandis que se poursuit le programme commun sur un nouveau missile, capable de remplacer les actuels missiles anti-navires Harpoon et Exocet, ainsi que les missiles de croisière Scalp et Storm Shadow. Deux nouveaux partenariats viennent d'être conclus, avec l'Italie via l'alliance entre Naval Group et Fincantieri, et avec la Belgique, qui vient de signer un accord intergouvernemental avec la France pour s'équiper comme l'armée de terre française en blindés.

Reste le partenariat le plus ambitieux mais le plus compliqué à mettre en place : celui pour concevoir avec l'Allemagne le char du futur et le système de combat aérien du futur (Scaf). « Notre espoir est de pouvoir lancer les premières études sur le Scaf en janvier 2019 », a précisé Joël Barre, sans cacher que cet enjeu essentiel en développements technologiques et industriels faisait l'objet de discussions musclées. Alors que l'industrie aéronautique française est en avance sur l'allemande, les industriels français s'inquiètent des ambitions de leurs voisins.

Anne Bauer

https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/0600112092953-armement-les-cooperations-europeennes-se-multiplient-2220527.php

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Brandon Baer, program manager for helicopter and multi-mission radios (HAMMR), talked with C4ISRNET about the decisions made during the critical design review and what these choices mean for the next batch of equipment known as Capability Set '23. This transcript has been edited for clarity and brevity. C4ISRNET: What decisions were made during the critical design review (CDR)? COL. GARTH WINTERLE: We went from a 100 percent classified network, hard to get people security clearances, very expensive, NSA-certification required for everything as part of the network architecture, to 75 percent secure but [with an] unclassified architecture at battalion and below. That really adds a lot of flexibility — not only in the addition of affordable commercial technologies that really add capability rapidly because that shaves about 24 months off potential fielding timeline if you don't have to go to NSA — but it keeps a very strong encryption using some of the same algorithms you use for NSA certified radios. It's secure. It's not unsafe. While it's unclassified, it's still very well encrypted. It's just a different way of doing business. So it really opens the door for a lot of different things. Plus, it really improves the ability to share data with coalition and multinational partners, who are also operating at that security level. C4ISRNET: Can you explain the Terrestrial Transmission Line of Sight (TRILOS) radio and the capability trade off you made? WINTERLE: The quantities were adjusted in order to afford more flexible, more expedient and pretty much more affordable options at the brigade level and below. There's a system called TRILOS. Think of a big dish on a portable tower. If you can line it up with another big dish on a portable tower over pretty long distances, you can get very high data throughput very quickly ... It's purpose is to connect large command nodes together and enable them to share data much, much better. So one of the things we looked at as part of the CDR, and we experimented with, is a new smaller expeditionary version. I talked about a giant dish on a portable tower. We went to the company we worked with called Silvus. They have a smaller, little four antenna radio, it's about the size of your home WiFi router [and] does the same thing in slightly less bandwidth. It's not as capable, but it performs that same function. And it's much, much lighter, much easier to pack out and we're actually putting those under quadcopters, like a drone, that are tethered [so] they operate off a line. So you can raise that up in the air and hold that radio up in the air and get really good range to connect two of those radios together to share data. By trading out one system of those large dishes on the tower, we're able to buy a significant quantity of the smaller systems. TRILOS, those dishes on towers, still remain in the architecture. But just by reducing the quantity marginally, we're able to really add a much more expeditionary much, much lighter, easier to set up. And we can buy it in larger quantities to increase the quantity out in the architecture to increase that capability. C4ISRNET: Can you describe how the Army intends to procure some of the Integrated Tactical Network components? WINTERLE: The intent is to compete everything. Single channel radios are a prime example. We're getting ready to invite vendors that have conforming radios to an industry day to basically have a radio run off. [We want them to] provide us enough radios so we can get them integrated and start assessing them against each other and against the current offering from the vendor that actually went through the experiment. It's going to be a fully competitive action. It is important to note though that I can't just go out and buy a new radio and, boom, I can field it. There is an amount of time where we are going to have to procure a limited quantity of the systems that went through the experiment until I can get those other radios through enough lab-based experimentation and integration, so that I know they work on the network. So even though they might be very similar [to] what we experimented with, there will be a delay so I can actually start fielding those to operational units. But [our] intent is to start that as soon as possible as part of the procurement fielding next year — this competitive run off of single channel radios. Anywhere else where there was a stand-in capability where we know from market research that there's other vendors, we'll perform the same sort of competitive actions. C4ISRNET: What are some of the lessons learned from Capability Set '21 that can be applied to Capability Set '23? WINTERLE: We're going to have a design review every year. The year prior to the preliminary design review, which is the year we're in right now for Cap Set '23, focuses on small-scale experimentation and a kind of assessment of ‘what are those technologies that going to compete to be added to the architecture as part of the preliminary design review' in April of next year. So we picked April. We just did this CDR in April. So the preliminary design review for Cap Set '23 is next April. We've partnered with the network cross functional team to help conduct research and development funded activities of certain key technology that they want to see added to the architecture in Cap Set '23. C4ISRNET: How has the Army's capability set testing structure been suited for COVID-19? LT. COL. BRANDON BAER: Traditionally, we do a large operational type test, where our approach has been lab-based testing, [cyber]-based testing, and then doing what we're calling soldier touchpoints. They're smaller experiments, but we're doing more of them. It gives us an opportunity to capture data, soldier feedback at different points of time. We call it developmental operations or DevOps. We can go back and tweak the stuff, fix any problems, get it back out there and continue to collect feedback. But I think it's extremely important due to current conditions with COVID-19, and everything else. Because everything has kind of gone into a large pause. And if we would have had a large pause during operational tests, it could be six months or a year before we have another opportunity to do that, where when you're doing multiple events ... we're capturing data at different times and different soldier feedback, you're not reliant upon one event. As we move forward, I see continuous benefits through that. https://www.c4isrnet.com/battlefield-tech/c2-comms/2020/05/13/the-army-network-plan-to-compete-everything/

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