18 septembre 2020 | International, Aérospatial, C4ISR

Avec SpaceHub, la région bordelaise veut tenir son rang dans la mobilité spatiale

Pierre Cheminade

Défendre et promouvoir la position de la région bordelaise dans la compétition mondiale de la mobilité spatiale, c'est l'ambition du SpaceHub lancé conjointement par des acteurs publics et privés dont la Région Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole, ArianeGroup et Dassault Aviation.

Malgré la vente d'avions Rafale à la Grèce, qui bénéficiera directement à l'usine Dassault de Mérignac, la filière régionale de l'aéronautique-spatial-défense (ASD) a bien besoin de signaux positifs dans un contexte compliqué, tout particulièrement pour les avionneurs civils et leurs sous-traitants. Alors que Technowest vient de lancer un appel à projets pour repérer et accompagner trois nouvelles startups de l'ASD, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole, Saint-Médard-en-Jalles, ArianeGroup et Dassault Aviation se mobilisent pour fédérer les énergies en matière spatiale. Une nouvelle initiative après que la présidence bordelaise de la Communauté des villes Ariane en 2020 a subi le confinement et la crise sanitaire de plein fouet tout comme le festival Big Bang.

La démarche SpaceHub, présentée le 7 septembre en présence d'une myriade de partenaires publics et privés (*), vise à ainsi à démontrer que le territoire tient son rang en matière de mobilités spatiales dans un contexte plus concurrentiel que jamais avec les progrès à marche forcée réalisés par les acteurs du New Space.

Deux activités seront développées de concert pour mêler étroitement recherche fondamentale et applications concrètes :

  • un centre d'analyse prospective dédié à la mobilité spatiale travaillant avec les universités et grandes écoles françaises et internationales ainsi qu'avec les agences spatiales, civiles et de défense ;
  • un centre d'exploration et d'accélération des concepts spatiaux "pour aboutir rapidement aux meilleures solutions, obtenir des financements associés à ses projets innovants et générer de nouvelles opportunités d'affaires." Le tout dans une logique d'ouverture et de collaboration.

Une démarche qui s'inscrit également dans une logique de relance économique à moyen terme tant les innovations et technologies développées initialement pour le spatial se traduisent, dans un second temps, dans l'économie et les usages plus grand public, de la communication à la santé en passant par l'environnement et la mobilité.

(*) Les partenaires industriels du projet (ArianeGroup et Dassault Aviation), le CEA, les représentants de l'écosystème de la recherche (Université de Bordeaux, CNRS, Inria, Chaire défense & aérospatial de Sciences Po Bordeaux, etc.), des acteurs majeurs soutenant le projet (Thales, Cnes, Nouvelle-Aquitaine Academic Space Center, l'association Hyfar-Ara et la Fondation Bordeaux Université).

https://objectifaquitaine.latribune.fr/business/aeronautique-et-defense/2020-09-17/avec-spacehub-la-region-bordelaise-veut-tenir-son-rang-dans-la-mobilite-spatiale

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    13 janvier 2020 | International, Aérospatial

    FUTUR AVION DE CHASSE EUROPÉEN : LA FRANCE RETROUVE SON LEADERSHIP AÉRONAUTIQUE

    13 janvier, par Nicolas Lefebvre D'ici 2040, le Rafale français, l'Eurofighter allemand et le F-18 Hornet espagnol laisseront la place aux chasseurs de 5e génération du programme européen SCAF. Si les partenaires français de ce consortium tirent leur épingle du jeu, reste à mettre en place une gouvernance à long terme dans ce programme. Juin 2019, salon aéronautique du Bourget. Le patron de Dassault Aviation, Éric Trappier, ne cache pas sa fierté au moment de poser pour les photographes devant la maquette grandeur nature de la future fierté européenne en matière d'avions de chasse. Le SCAF (Système de Combat Aérien Futur, également baptisé Next Generation Fighter, noms provisoires) est certes sur les rails, mais il n'y a pas une minute à perdre. Le patron de Dassault est un homme pressé, et veut se donner les moyens de tenir les délais. « Ce n'est pas de l'impatience, c'est indispensable », a-t-il lancé au Bourget, avec le planning en tête : première démo en 2026, produit fini en 2040. Cela semble loin ; en réalité, c'est demain pour l'Europe de la défense. Tenir ce planning passera forcément par une bonne entente avec ses différents partenaires français, allemands et espagnols, les trois pays scellant leur avenir commun le 17 juin dernier. Genèse d'un projet pan-européen L'histoire mérite un petit retour en arrière. Initialement, Dassault devait convoler en justes noces avec les Britanniques de BAE Systems, l'un des géants européens de l'industrie de la Défense. En 2010, Paris et Londres – gr'ce au tandem Sarkozy-Cameron – sont sur la même longueur d'ondes, les premiers budgets de développement sont débloqués, le futur avion de chasse mobilise les équipes de part et d'autre de la Manche. En 2014, Dassault Aviation, BAE Systems, Thales, Rolls-Royce et Safran, auxquels se sont joints les Italiens de Leonardo, travaillent de concert. Jusqu'en 2016. Les dents grincent dans de nombreuses entreprises, Safran (ex-Snecma) a par exemple peur de disparaître, écrasé par Rolls-Royce. La coopération s'arrête, le divorce est consommé ; les Français cherchent d'autres partenaires et se rapprochent des Allemands. En juillet 2017, le tandem Merkel-Macron lance le programme SCAF, sous l'impulsion commune du Français Dassault Aviation et de l'Allemand Airbus Defence And Space, basé à Munich. La planification stratégique pour les 25 prochaines années se fera donc en haut lieu, suivant la vision de ces deux intégrateurs systémiques, piliers du projet. Ont par la suite rejoint l'aventure le motoriste allemand MTU Aero Engines et son homologue français Safran, l'électronicien français Thales et leurs homologues allemands Rohde & Schwarz et Hensoldt, ou encore le consortium européen MBDA et le fabricant allemand Diehl pour l'armement. Depuis, les Britanniques ont choisi de s'allier avec les Italiens de Aeronautica Militare et les Suédois de Saab pour développer le chasseur furtif Tempest. Mission nº1 : d'abord régler le différend avec les Allemands Retour à l'actualité. Les plus belles histoires connaissent elles aussi des couacs. Tout allait bien jusqu'en juin 2019, les Allemands sortant alors le carnet de chèque pour compléter un premier budget de 65 millions d'euros pour les 24 prochains mois, sachant que la recherche et développement s'élèvera à terme à 200, voire 300 millions d'euros. Mais Paris et Berlin sont tombés sur un os : les deux pays ne suivent pas la même politique diplomatique à l'export. Au printemps dernier, l'affaire des livraisons d'armes françaises à l'Arabie saoudite, dans le cadre de la guerre au Yémen, passe mal outre-Rhin. Le Bundestag – le Parlement allemand – est en effet très réticent à l'idée d'exporter des armes servant dans cette guerre en particulier. Une position d'autant plus paradoxale que l'Allemagne est beaucoup plus indulgente vis-à-vis des entreprises qui exportent par exemple des armes vers la Turquie, embourbée dans sa guerre contre les Kurdes. Un avion commun comportant des éléments français et allemands devra néanmoins nécessairement respecter les contraintes les plus fortes. En l'occurrence celles venues de Berlin. En septembre, le patron français de Dassault a demandé aux gouvernements français et allemand de régler cette brouille diplomatique pour ne pas entraver la bonne marche du programme commun. Mission nº2 : ensuite assurer le leadership systémique du projet Côté français, le programme SCAF réunit aujourd'hui les compétences et savoir-faire de fleurons de l'industrie de la Défense : l'avionneur Dassault Aviation, le motoriste Safran, ainsi que Thales pour la partie électronique. Trois grandes entreprises du secteur régalien de la Défense. Thales – dirigé par Patrice Caine – et Safran – dirigé par Philippe Petitcolin –ont en commun d'avoir l'Etat français à leur capital, respectivement à hauteur de 25,7% et de 11%. L'Etat français est également présent indirectement chez Dassault via la participation d'Airbus (9% environ, sachant que l'l'Etat détient 11% d'Airbus). A noter que Dassault Aviation, aux mains de la famille Dassault – détient également 24,3% de Thales. Chez Dassault, la priorité est désormais de garder la main sur le projet, et de rendre pérenne la coopération franco-allemande. Une position de nº1 qui fait d'ailleurs des envieux, notamment du côté de Thales. Entre les patrons de Dassault et de Thales, il y a d'ailleurs un petit air de Je t'aime, moi non plus, les deux entreprises se connaissant par cœur puisqu'elles collaborent sur de nombreux projets et en premier lieu sur le fleuron militaire de Dassault, le Rafale. En réalité, Patrice Caine a très mal pris de ne pas être intégré au projet SCAF, dès le début. De plus, si Dassault considère que le fuselage reste la pierre angulaire d'un avion furtif, Thales pense que l'électronique et l'intelligence artificielle ont déjà pris le pas sur plateformes. En clair, Thales ne veut plus de l'étiquette de simple « équipementier » et se rêve désormais en maître d'œuvre des grands programmes d'armements. Sachant que du terrestre au naval, en passant par l'aérien, Thales est présent absolument partout, l'argument n'est pas complètement dénué de sens. De plus, les systèmes d'armes actuels sont effectivement centrés sur la communication entre systèmes de capteurs et systèmes d'armes, cœur de métier de Thales version défense. Pour autant, Thales manque cruellement de l'expérience nécessaire à la conduite des grands programmes. Il est possible que l'adoubement de Caine par Emmanuel Macron, après le rejet de la candidature d'Henri Proglio en 2015, ait donné des ailes au patron de Thales dont l'ambition dévorante dérange, en interne comme en externe. Le groupe n'hésite pas en effet à croiser le fer avec ses condisciples industriels de défense et Patrice Caine est coutumier des joutes franco-françaises : pour marquer son territoire il n'hésite pas, par exemple, à présenter Thales face à des partenaires français comme cela a pu être le cas face au constructeur maritime Naval Group début 2019 lors d'un important appel d'offre belgo-néerlandais qu'il a finalement perdu. L'histoire ne manque pas de sel quand on sait que la société détient 35% de Naval Group. Thales ne manque pas pourtant de sujets internes de préoccupation voire d'inquiétude, parmi lesquels l'intégration de Gemalto, spécialiste de la cybersécurité récemment racheté pour 5,6 milliards d'euros. Pour revenir sur le futur avion de chasse européen, Éric Trappier garde la main. Et à travers lui, l'aéronautique français dans son ensemble. La France n'est pas la seule bénéficiaire de ce programme ; se joue aussi à long terme la souveraineté industrielle de l'Europe sur les questions de défense. https://www.taurillon.org/futur-avion-de-chasse-europeen-la-france-retrouve-son-leadership

  • Naval Group increases industrial participation in UAV, MCM projects

    20 novembre 2018 | International, Aérospatial

    Naval Group increases industrial participation in UAV, MCM projects

    Naval Group and Atmos UAV have signed a letter of intent (LOI) to integrate the latter's vertical take-off and landing unmanned systems for naval use. A preliminary phase will involve the two companies working together to detail and finalise a plan for the integration of Atmos UAVs with Naval Group's capabilities, the companies said. The LOI will leverage Dutch company Atmos UAV's experience in developing systems for surveying, mining, agriculture, environmental, and governmental applications while also strengthening commitments that Naval Group has to Dutch industry, it said. Mark van Rooij, Naval Group Netherlands CEO, said that the company is looking to leverage the capability of industry in the country, and UAVs is a key way of doing this because they will play an increasingly larger role in future requirements. https://www.janes.com/article/84693/naval-group-increases-industrial-participation-in-uav-mcm-projects

  • US Army picks two vehicle protection systems to evaluate realm of the possible

    10 décembre 2019 | International, Terrestre

    US Army picks two vehicle protection systems to evaluate realm of the possible

    By: Jen Judson WASHINGTON — The U.S. Army has picked two active protection systems to evaluate next fall for possible applications on a variety of ground combat vehicles. A Rheinmetall and Unified Business Technologies team received an $11 million contract from the Army to provide its StrikeShield APS system for the evaluation. And a DRS and Rafael team received a similar contract to participate, the Army confirmed to Defense News. After evaluating two active protections systems — StrikeShield and Rafael's Trophy VPS — in a 2018 demonstration, and determining neither were the right fit for an interim APS capability for the Stryker combat vehicle, it appears the door is opening back up for that capability. It is likely the solution the Army is evaluating from DRS and Rafael is Trophy VPS, Rafael's lighter version of its Trophy APS system that is being fielded on Abrams tanks. The Army found interim APS solutions for both its Abrams tanks and Bradley Infantry Fighting Vehicles, but the service has struggled to find one for the Strykers. The service moved quickly over the past several years to field combat vehicle protection against rocket-propelled grenades and anti-tank-guided missiles while it develops a future system. The service's new evaluation effort — conducted through the its new Vehicle Protective Systems (VPS) program office — will begin in October 2020 at Redstone Test Center in Huntsville, Alabama. “It provides a pathway to potential utilization of the system on vehicles in the current Army vehicle fleet as well as vehicles fielded in the future,” according to a Rheinmetall statement issued earlier this month. The Army will evaluate StrikeShield “as part of a larger effort to characterize APS performance against a wide variety of anti-armor threats,” Rheinmetall's statement read. “This significant contract award represents the first funded APS testing the Army will undertake of the StrikeShield system.” Rheinmetall and UBT funded the previous evaluation of the system for Stryker at the invitation of the Army. Based in Unterluess, Germany, Rheinmetall has been pushing to get its active defense system in front of the Army and under consideration for integration into U.S. combat vehicles for several years. The company seemed poised to be selected as the interim solution for the Stryker prior to the Army's demonstration last fall. The Army also considered Herndon, Virginia-based Artis Corporation's Iron Curtain APS for Stryker through a more extensive evaluation, but decided in August 2018 not to move forward in fielding it to Stryker units. The new round of evaluations considers limited characterizations focused on platform agnostic testing to garner additional data on hard-kill APS, the Army told Defense News in a written statement. The APS will be installed on a vehicle agnostic test riq, the service said, to inform APS considerations for “multiple ground combat platforms.” “The results of this activity will be leveraged to inform the Army's approach to future hard kill APS acquisitions,” the service added. While the Army has looked and, in some cases, acquired APS for the Stryker, Bradley and Abrams, it is also considering what protection systems are needed for its armored multipurpose vehicle, mobile protected firepower capability and Bradley's future replacement, the optionally manned fighting vehicle (OMFV). The evaluations are scheduled to start at the beginning of fiscal 2021 and will last roughly six months. https://www.defensenews.com/land/2019/12/09/us-army-picks-two-vehicle-protection-systems-to-evaluate-realm-of-the-possible

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