Back to news

October 21, 2018 | International, C4ISR

Les défis militaires de l’intelligence artificielle

Par Nathalie Guibert

De nombreuses applications de l'IA deviennent possibles gr'ce aux gigantesques quantités de données accumulées par les armées modernes, analyse la journaliste du « Monde » Nathalie Guibert.

Analyse. Pour les armées modernes, « l'intelligence artificielle (IA) se présente comme la voie principale de la supériorité tactique » et elle est devenue « un enjeu de défense prioritaire pour les puissances militaires du XXIe siècle ». Dans une étude que publie l'Institut français des relations internationales (IFRI) sur cette nouvelle révolution, un ancien pilote de l'armée de l'air, Jean-Christophe Noël, évoque un « humanisme militaire » menacé. Il n'est pas certain, selon lui, que les robots pourront toujours, en accord avec le « modèle de l'équipier fidèle », rester « étroitement associé(s) à un homme en charge d'un système d'armes comme un avion de chasse, un blindé ou un navire ».

Les applications militaires de l'IA deviennent accessibles et semblent sans limites. Elles sont rendues possibles par les gigantesques quantités de données (images, sons, etc.) désormais accumulées – un Rafale produit plusieurs téraoctets de données par heure de vol, et chacun des trois satellites d'observation français successeurs d'Helios 2 permettra de produire, à partir de 2019, cent fois plus d'informations que l'ensemble de ceux utilisés aujourd'hui par les armées. De plus, les algorithmes acquièrent la capacité nouvelle d'apprendre seuls selon les situations qu'ils rencontrent. Préparation au combat par la simulation, renseignement, ciblage, optimisation du soldat... La course a démarré.

« Hyperwar »

Le département de la défense américain a lancé près de 600 projets intégrant l'IA, un domaine où il vient d'annoncer 2 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) d'investissement dans les cinq prochaines années. « Une IA surnommée ALPHA, qui fit ses classes en affrontant des programmes informatiques de combats aériens de l'Air Force Research Lab, a systématiquement triomphé d'un pilote de chasse chevronné en octobre 2015 »,rappelle l'expert de l'IFRI.

Article complet: https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/16/les-defis-militaires-de-l-intelligence-artificielle_5369924_3232.html

On the same subject

  • Space Command leader calls for better domain awareness tools by 2027

    September 26, 2024 | International, Aerospace

    Space Command leader calls for better domain awareness tools by 2027

    The ability to maneuver through and understand what’s happening in space will be crucial to future military operations, Gen. Whiting said this week.

  • Concentration industrielle en Europe : une nécessité autant qu'une opportunité pour la Défense

    May 24, 2019 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security, Other Defence

    Concentration industrielle en Europe : une nécessité autant qu'une opportunité pour la Défense

    Par Frédéric Dubois Dans les airs, sur terre ou sur mer, l'industrie européenne de la Défense vit actuellement de profondes transformations. Français, Italiens, Allemands, Britanniques, Espagnols... tous ces acteurs cherchent de nouvelles alliances dans un secteur de plus en plus concurrentiel. Mariages de raison ou de passion, les rapprochements entre grands groupes industriels sont devenus, depuis quinze ans, un passage obligé pour les entreprises qui veulent survivre sur ce marché hyper concurrentiel. Et les cas sont nombreux. Dans les airs, l'exemple le plus connu est certainement l'Eurofighter Typhoon, avion de combat bi-réacteur mis en service en 2004 par l'entreprise européenne Eurofighter GmbH. Aux manettes, quatre pays : la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie. Ce projet d'avion européen était sur la table depuis les années 70. Finalement, ces quatre pays ont uni leurs savoir-faire, laissant les Français sur la touche, car ces derniers préféraient faire cavalier seul avec le Rafale de Dassault. Entre les deux camps, les résultats commerciaux sont sans appel. En quinze ans, Eurofighter GmbH a vendu 538 exemplaires de son chasseur ; en quelques années de plus, Dassault a écoulé – seulement – 176 avions, en dépit d'une carrière opérationnelle nettement plus prestigieuse. Cette situation a poussé les Européens à revoir leur copie. En 2014, Français et Britanniques se mettent à plancher sur un projet – baptisé FCAS pour Future Combat Air System – afin de produire un avion de 6e génération. Trois ans plus tard, ils sont rejoints par les Allemands. Finalement, en 2018, Dassault annonce officiellement son partenariat avec Airbus Defence and Space dans le cadre du projet FCAS : l'Europe va ainsi se doter d'un nouveau système de défense aérienne avec l'héritier du Rafale, de l'Eurofighter Typhoon européen et de l'Hornet espagnol. Son nom (provisoire) : New Generation Fighter. Dans les airs, les Européens ont enfin compris qu'il valait mieux parler une seule et même langue face au Sukhoi Su-57 russe, et autres F-35 américain ou J-20 chinois. Des concurrents aux dents longues Quel que soit le secteur en Europe, les industries nationales jouent aujourd'hui leur survie face à des concurrents aux moyens nettement plus importants qu'auparavant, gr'ce à des marchés domestiques en forte dynamique et au soutien politique et financier d'états puissants. Après les airs, prenons la direction des océans. Le secteur de l'industrie navale a pris quelques longueurs de retard. En 2017, le quotidien français Le Mondetitrait : « Naval : le serpent de mer de la consolidation européenne ». Dans ce secteur comme dans les autres, le principe de « consolidation » est sur toutes les lèvres, la concurrence étant très sévère entre pays exportateurs. Deux géants se dressent face aux Européens : les Russes et surtout les Chinois, devenus la première puissance mondiale en la matière. En seulement dix ans. « Les groupes européens se sont trop souvent livré une guerre fratricide sur les appels d'offres internationaux, remarque Bertrand Gueynard, directeur du pôle Défense et sécurité du cabinet de conseil en stratégie CEIS dans les colonnes du Monde. Ils sont confrontés à la montée en puissance des arsenaux chinois, russes et même aujourd'hui japonais. Pour rester dans la classe mondiale, les rapprochements sont indispensables. Dans cette industrie, la taille est déterminante car elle permet d'offrir une large gamme de produits et de financer les investissements en recherche et développement nécessaires pour maintenir une avance technologique. Il faut toujours avoir un coup d'avance. » Motivées par le risque de disparition de certaines industries (les exemples sont nombreux hors défense), certaines entreprises européennes de l'industrie navale ont décidé de réagir avant qu'il ne soit trop tard. Des fleurons high-tech en Europe C'est le cas du Français Naval Group et de l'Italien Fincantieri. En 2017, Fincantieri a décidé de se lier à la France à travers deux projets : le rachat des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire (les Sud-Coréens ayant jeté l'éponge) et l'alliance avec son homologue Naval Group. Ces deux entreprises étaient à la fois concurrentes lors d'appels d'offre internationaux et partenaires sur différents projets depuis trente ans, comme avec les frégates Horizon, un projet impulsé en 1991 par Hervé Guillou... devenu PDG de l'entreprise française en 2014. Lors de l'annonce de son alliance avec le PDG de Fincantieri Giuseppe Bono, Guillou a expliqué leur vision commune : « C'est une double ambition – à la fois d'offrir à nos deux pays les meilleures technologies au meilleur prix avec les meilleurs programmes pour garantir la supériorité de nos marines, mais aussi d'être capables d'avoir une présence mondiale suffisante pour assurer notre compétitivité et notre présence sur le marché – qui justifie notre rapprochement. » Cette volonté de la France et de l'Italie part d'un constat sans ambiguïté : l'Europe, et ses divers budgets de défense nationaux, n'a plus les moyens de faire vivre ni de maintenir toutes les compétences de l'ensemble des industriels de la construction navale. Les marchés commencent à opérer une sélection naturelle douloureuse, certains acteurs historiques commençant à connaitre de graves difficultés, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas ou encore en Espagne. C'est une course pour la survie qui s'engage désormais. Les Européens ont donc tout intérêt à faire vite, d'autant qu'ils jouissent d'un savoir-faire et de technologies que le reste de la planète leur envie, avec des fleurons high-tech comme Leonardo, Thalès ou Safran. Car si la concurrence est aujourd'hui féroce, les atouts des Européens sont évidents et constituent de réelles opportunités pour les acteurs du Vieux continent. Encore faut-il qu'ils arrêtent de se mettre – trop souvent – des b'tons dans les roues. https://www.econostrum.info/Concentration-industrielle-en-Europe-une-necessite-autant-qu-une-opportunite-pour-la-Defense_a25636.html

  • Pentagon taps $688 million in coronavirus aid for defense industry

    June 3, 2020 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security

    Pentagon taps $688 million in coronavirus aid for defense industry

    By: Joe Gould WASHINGTON ― The Pentagon plans to spend hundreds of millions of dollars in coronavirus relief funding to support vulnerable manufacturers of submarine torpedo tubes, aircraft engine parts and hardened microelectronics that were hit by closures or other effects of the COVID-19 pandemic. The $688 million defense-industrial base fund is just one category within the $10.5 billion the Department of Defense received from Congress' $2.1 trillion CARES Act package. The department submitted its 54-page spending plan to Congress on Friday amid pressure from lawmakers after DoD had spent only 23 percent of that money weeks after it was signed into law in late March. The Pentagon has thus far obligated $167 million of the $1 billion Congress granted under the Defense Production Act, a Korean War-era law that the president recently invoked, to have industry produce key items such as N95 respirator masks and swabs needed for coronavirus testing, ventilators and other items. Under the same law, the Pentagon's spending plan says it would use $688 million to address impacts to the defense-industrial base caused by COVID-19, "by directly offsetting financial distress in the DIB and providing investments to regions most severely impacted to sustain essential domestic industrial base capabilities and spur local job creation.” The plan calls for $171 million for the aircraft propulsion industrial base; $150 million for shipbuilding and submarine launch tubes; $150 million for the space launch industrial base; $80 million for the microelectronics base; $62 million for body armor suppliers; and $40 million for high-temperature materials used in hypersonic weapons. The priorities likely overlap with vulnerable industrial base areas previously identified by the Pentagon's assessment last year, said Wesley Hallman, the National Defense Industrial Association's senior vice president of strategy and policy . “It makes sense given what's going on now economically to ― under the [coronavirus aid] legislation ― reinforce some of the critical vulnerabilities that were identified in that report,” Hallman said. The Pentagon plans $171 million to sustain and preserve the aircraft propulsion industrial base, as many military aviation suppliers have been hard hit from the commercial side by coronavirus travel restrictions. Some would preserve an "essential workforce through support to sustained operations at key repair facility and stabilizing sub-vendors essential to a healthy propulsion industrial base,” according to the department. What that means is the DoD may have to absorb some of suppliers' overhead costs to keep vital suppliers in business, said Teal Group aviation analyst Richard Aboulafia. “Commercial aviation is in the worst crisis it's ever faced, and aviation propulsion aftermarket is the single part of the industry most hit by COVID-19,” Aboulafia said. “It could be [that] if there's a part like a combustor, DoD could be saying: ‘What do you need by way of guaranteed orders to keep that line open?' ” The department, which relies on a vulnerable network of suppliers for parts for the venerable TF33 engine, hopes to “support initiatives to certify and approve new parts sources for” the engine and “catalyze the sub-tier vendor base and mitigate risk of sub-tier vendors exiting the propulsion business.” Pratt & Whitney hasn't made the TF33 in more than 40 years, but it's still used by the B-52 bomber, and no replacement is due for years. The DoD also planned $150 million for the shipbuilding industrial base in areas such as castings, forgings and submarine launch equipment, as well as to support continuous production of essential components such as missile tubes. (Shipbuilding overall has contracted over the last decade, and there were only four suppliers with the capability to manufacture large, complex, single-pour aluminum and magnesium sand castings, according to the DoD's 2019 industrial capabilities report to Congress.) The CEO of Virginia-based military contractor BWXT, Rex Geveden, said on an earnings call last year that the company ― which makes missile tubes for the Columbia-class submarine ― was mulling an exit from the missile tube business. The Navy and its Naval Sea Systems Command, he said, were seeking more than one supplier, adding: “We're not interested in the future orders unless we do have a way to make money on these orders.” The DoD planned another $150 million to maintain a competitive space launch industrial base. DoD relies on a small pool of companies to launch satellites into orbit, but there are numerous companies of all sizes that support those launches, and the DoD has sought to reintroduce more competition over the enterprise in recent years. The department would also spend $80 million to support several critical suppliers of radiation-hardened microelectronics ― products vital to DoD but with limited commercial applications. The funding would “protect the domestic capacity to ensure radiation hardened microelectronics testing capability, and key subcompacts such as substrates and wafer, are available for DoD weapon systems," according to the spending plan. The $40 million would protect suppliers of high-temperature materials used in potentially game-changing hypersonic weapons. “An expanded, sustainable domestic production capability for hypersonic systems is essential to the Department achieving its modernization priorities,” the plan states. https://www.defensenews.com/congress/2020/06/02/688m-in-covid-aid-helping-defense-firms-per-dod-plan/

All news