Back to news

March 23, 2022 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security

En Europe, les industries de Défense se préparent à la hausse des commandes

DÉFENSE

En Europe, les industries de Défense se préparent à la hausse des commandes

De nombreux gouvernements européens ont annoncé de fortes augmentations de leurs budgets militaires, comme l'Allemagne (+ 100 Md€) et la Suède, qui passera ses dépenses de 1,3% à 2% du PIB et envisage une intégration dans l'OTAN, de même que la Finlande. En France, la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 prévoit de porter son effort de 40,9 Md€ cette année à 50 Md€ en 2025 (soit 2,5 % du PIB), à raison de 3 Md€ supplémentaires par an. Cette loi pourrait être suivie d'une programmation plus ambitieuse à partir de 2025, Emmanuel Macron ayant annoncé, le 2 mars, qu'il « amplifiera l'investissement dans la Défense ». La base industrielle et technologique de défense (BITD) française devrait connaître une forte augmentation des commandes, en particulier Dassault Aviation (Rafale), Airbus Defence and Space (avions de combat et de transport, drones), Thales (radars, sonars, cybersécurité...), Nexter (blindés et armement terrestre...), MBDA (missiles), Naval Group (frégates, sous-marins...) et les milliers de PME et d'ETI qui fournissent les armées. « Nous sommes aux côtés de la France qui poursuit un double effort, à la fois capacitaire et technologique, face à des menaces croissantes et de plus en plus complexes », explique Philippe Keryer, Directeur général adjoint Stratégie, Recherche et Technologie. Conserver les compétences et attirer des jeunes est « crucial », estime Pierre-Eric Pommellet, PDG de Naval Group, qui rappelle que « certains métiers sont en tension ». Pour la première fois, l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) est présidée par un dirigeant du secteur, Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation.

Le Monde du 23 mars


On the same subject

  • Department of Defense labs face $5 billion infrastructure shortfall

    January 26, 2022 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security

    Department of Defense labs face $5 billion infrastructure shortfall

    The Pentagon's innovation steering group will brief Congress this month on the details of the funding gap.

  • Drone maker to pay $25M over military gear parts

    January 14, 2021 | International, Aerospace

    Drone maker to pay $25M over military gear parts

    By: The Associated Press PORTLAND, Ore. — Aerial drone manufacturer Insitu will pay $25 million to settle allegations that its military drones were outfitted with used components instead of new ones. U.S. attorney Brian Moran said cases such as this one should be seen as a warning to defense contractors that false claims have no place in military purchasing. Moran announced the settlement Tuesday, The Oregonian/OregonLive reported. The allegations originated with a former Insitu manager, D R O'Hara, who filed a whistleblower complaint in federal court and will receive $4.6 million of the settlement. Investigators, who took over the case under provisions of the whistleblower law, allege that Insitu billed the military for new parts and components but actually used less expensive recycled and refurbished parts. Insitu said it cooperated with the investigation and that its disclosures to the government met all requirements. “At all times, Insitu provided superior ISR services to the Navy and Special Operations Command, a fact the government does not dispute,” the company said in a statement. “Insitu continues to provide mission-ready systems and supports the nation's warfighters by providing world-class service.” Owned by Boeing, Insitu is based in the town of Bingen, Washington, along the Columbia River. It employs about 1,500 people with two-thirds of them in the Bingen and Hood River, Oregon, area. https://www.defensenews.com/industry/2021/01/13/drone-maker-to-pay-25m-over-military-gear-parts/

  • Entretiens européens de la défense 2019 (1) : une ‘grand strategy’ pour l’Europe (J. Howorth)

    May 23, 2019 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security, Other Defence

    Entretiens européens de la défense 2019 (1) : une ‘grand strategy’ pour l’Europe (J. Howorth)

    (B2) L'Union européenne doit reconsidérer sa relation avec les Etats-Unis et l'OTAN pour faire émerger une stratégie de défense européenne. C'est ce qu'a défendu Jolyon Howorth, professeur émérite à la Harvard Kennedy School, durant les seconds entretiens européens de la défense à Paris jeudi (16 mai) Face à la création d'une armée européenne, trois obstacles... Les Américains s'inquiètent des conséquences d'une défense européenne pour leur leadership. Les Britanniques jouent l'ambivalence pour ne pas froisser les États-Unis. Les Européens peinent à se mettre d'accord sur la marche à suivre. Trois obstacles qui ont fait « échouer » les deux premières tentatives de forger une armée européenne, la Communauté Européenne de Défense (CED) dans les années 1950 et la première version de la politique de défense (la PESD ou politique européenne de sécurité et de défense) à la fin des années 1990 début 2000, et qui continuent à freiner les nouvelles initiatives. Les Américains, d'accord sur le principe d'une défense européenne Les Américains, souvent critiqués pour le retard que prennent les initiatives européennes en matière de défense, n'étaient pas toujours défavorables à l'idée et ne s'y « opposent pas par principe, au contraire ». Mais une question les taraude, celle des « conséquences pour le leadership de l'Alliance, voire pour son avenir » si une défense européenne crédible devait se former. D'où l'ambivalence des États-Unis sur cette idée que Eisenhower regardait pourtant en 1951 comme un des objectifs de l'Alliance, idée légitimée par les multiples injonctions américaines à augmenter les budgets européens de défense. Cette position confuse s'inscrit dans le débat existentiel qu'est la définition de la prochaine « grand strategyaméricaine », explique Jolyon Howorth. ... mais des inquiétudes subsistent sur leur leadership au sein de l'Alliance Après « quarante ans de leadership incontesté des alliés européens », le courant « liberal hegemon » qui définit la politique des Etats-Unis depuis longtemps se voit contester par les partisans de « l'offshore balancing ». Lesquels prônent un repli américain sur « un nombre fort limité de bases stratégiques » et un « transfert aux Européens de la responsabilité principale de leur propre sécurité ». La question reste ouverte alors que Donald Trump « semble s'y associer », sans toutefois « comprendre un instant le sens profond de ce débat stratégique ». Les Britanniques, réfractaires à toute intégration européenne Les Britanniques ont été, eux, « beaucoup plus réfractaires que les Américains au projet dès le début ». Et ils continueront de « freiner l'avancée des Européens vers une autonomie stratégique », rendant l'axe Paris-Berlin « d'autant plus urgent ». La vision britannique est celle d'une sécurité européenne b'tie sur une « clé de voûte » : l'OTAN. Les Européens étant simplement relégués à un rôle « complémentaire ». C'est pourquoi « Londres a bloqué toute avancée » qui aurait pu mener à une armée européenne tout en réclamant pourtant « à cor et à cri » un « engagement inconditionnel » à la sécurité européenne, selon le professeur, lui-même British. Pourtant fermement soutenue par Winston Churchill dès le début, la défense européenne a vite inquiété outre-Manche, le Royaume-Uni anxieux de « préserver le partenariat avec les États-Unis ». Le pays avait par exemple refusé la CED dès 1953, craignant que « le succès de l'armée européenne n'entraîne le désengagement américain ». Les Européens indécis et divisés Mais au final, les Européens sont leurs propres ennemis. Les divisions nationales sur la manière de construire l'Europe persistent et se retrouvent, « de façon profonde, au sein des familles politiques ». Mais avec le nouveau contexte géostratégique, de plus en plus complexe et multidimensionnel, « l'Union européenne ne peut plus se permettre le luxe de ses divisions internes ». Il faut repenser notre stratégie pour « passer de l'Europe de la défense, à la défense de l'Europe ». Ces divisions cristallisent l'opposition entre « l'intégrationnisme » prôné par Monnet et « l'intergouvernementalisme », selon le modèle gaullien. La politique de sécurité et de défense commune (PSDC) a, depuis Saint-Malo, et la déclaration franco-britannique de 1998, été développée dans le cadre de ce dernier, un modèle « de plus en plus mis en question ». Les dernières évolutions en matière de défense nous placent à nouveau « face à la confrontation de ces deux méthodologies contradictoires ». Trois défis majeurs aujourd'hui Définir une stratégie européenne propre Il faut développer une « grand strategy » à l'européenne martèle Jolyon Howorth. L'un des problèmes fondamentaux de la première version de la PSDC fut son « manque d'ambition » par « crainte de froisser » les Américains. Pourtant, « la seule ambition qui vaille pour l'Union européenne est d'assumer sa propre défense collective ». Et donc d'arrêter de penser qu'il est impossible pour l'Europe de se défendre sans le soutien américain. Et il faut « pouvoir s'adapter à la nouvelle donne planétaire ». « Après Trump, il n'y aura pas de retour à la case départ ». À quel prix « L'armée européenne ne s'achètera pas parmi les soldes de chez Tati ». Les États membres de l'OTAN ont dépensé « 264 milliards de dollars » sur les questions de défense en 2018. Si tous les pays avaient atteint l'objectif fixé par l'OTAN de 2% du PIB, cela aurait majoré la somme de « près de 102 milliards de dollars ». Mais une armée européenne autonome pourrait représenter jusqu'à « 467 milliards de dollars supplémentaires » rappelle l'universitaire, se basant sur une étude récente du International Institute for Security Studies (IISS) qui fait l'hypothèse d'un retrait américain d'Europe. Un engagement conséquent donc. Et avec qui ? Si beaucoup pensent que l'armée européenne sera forgée « à l'extérieur de l'OTAN, sans les Américains, voire contre », Jolyon Howorth n'en est pas persuadé. Une armée européenne ne doit pas être construite contre les Américains, mais « en bonne intelligence avec eux ». Car l'Alliance ne va pas se dissoudre de sitôt. Et elle peut avoir un rôle moteur alors qu'il existe actuellement « quatre-vingt projets de coopération » entre l'OTAN et l'UE, et que les Américains « n'arrêtent pas de nous demander des efforts accrus, de nous encourager à assumer le leadership stratégique dans notre voisinage ». Il faudrait plutôt revenir au scénario initial : une alliance « rééquilibrée » dans laquelle les Européens « prennent graduellement la part du lion » et les Américains jouent « le rôle de facilitateurs ». Pour former une alliance qui ne soit pas « structurée par la dépendance, encore moins par la servitude ». (Coline Traverson st.) https://www.bruxelles2.eu/2019/05/23/entretiens-europeens-de-la-defense-2019-une-grand-strategy-pour-leurope-j-howorth/

All news