Back to news

April 5, 2018 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security

Dépasser la politique des petits pas. Pour une défense européenne vraiment assumée

5 AVR 2018 

(B2) Eurodéfense, une association qui regroupe de nombreuses personnalités militant en faveur d’une autonomie européenne de défense, estime que l’Europe doit changer de braquet, passer à la vitesse supérieure, affirmer réellement une politique de défense européenne, l’assumer et s’attaquer aux questions non résolues depuis des années.

Dans cette tribune, signée par plusieurs officiers supérieurs dont les lecteurs de B2 reconnaitront certainement plusieurs noms, différents principes sont posés dont, en tant qu’observateur, nous pouvons partager plusieurs des constats.

Une Europe de la défense, parent pauvre de la construction européenne

L’époque enthousiaste des pères fondateurs, au lendemain de la Guerre, a posé les bases de l’Union européenne. Si l’Europe économique est devenue une réalité, même imparfaite, l’Europe de la défense a vécu plusieurs échecs. Le traité instituant la Communauté européenne de défense en 1950 n’a jamais été ratifié. L’Union de l’Europe occidentale, de 1954 à 2011, est restée une coquille vide. Ce n’est qu’en 1999, après le sommet franco-britannique de Saint Malo, que furent posées les bases d’une politique de défense au plan européen, avec de premiers fruits en 2003, où deux opérations militaires furent lancées sous la bannière bleue étoilée.

Des résultats positifs mais à l’échelle d’un laboratoire

La politique de sécurité et de défense commune (PSDC), bras armé de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), était née. Elle a donné des résultats plus que positifs, malheureusement insuffisamment connus. En 15 ans, près de 80 000 hommes ont été engagés avec succès dans les opérations de l’Union européenne. Nous avons ainsi célébré le 30 mars les 15 ans de la PSDC opérationnelle, avec l’anniversaire du lancement de la première opération, Concordia, dans l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (FYROM). Toutefois, à l’échelle européenne et au regard des besoins, c’est peu. Nous restons à un degré d’engagement de portée limitée, que l’on peut qualifier de « niveau de laboratoire ». De plus, les actions du haut du spectre, envisagées parmi les types de missions élaborées à Petersberg en 1992, n’ont été que très rarement menées. Ces missions, dont l’objectif est le rétablissement de la paix, comportent des modes d’action robustes, incluant l’usage de la force. Continuer ainsi ne suffira pas. Pire, le modèle s’épuisera.

Un monde plus dangereux… ou juste différent

Les besoins ont évolué, face à un monde plus dangereux. Il devient difficile de dissocier action extérieure et sécurité intérieure dans la lutte anti-terroriste. Une défense européenne digne de ce nom se doit de garantir la sécurité de ses citoyens où qu’ils se trouvent, de protéger ses infrastructures et de défendre ses intérêts partout dans le monde. Elle doit pouvoir s’appuyer sur une « base industrielle et technologique de défense européenne » (BITDE) qui soit apte à garantir l’autonomie stratégique européenne, en particulier l’emploi des matériels sans contrainte venant de l’extérieur de l’Europe. Cette BITDE est hélas insuffisante aujourd’hui, en raison notamment du périmètre réduit de la PSDC, maints domaines capacitaires n’étant pas couverts par celle-ci. Il y a là une véritable incohérence.

La complémentarité nécessaire même pour les petits pays

Peu d’États ont la capacité de répondre seuls à l’ensemble des besoins de défense. La complémentarité au niveau européen s’impose. Même la France, qui, en théorie, dispose des moyens d’assurer son autonomie stratégique, fait régulièrement appel à des soutiens extérieurs pour combler ses lacunes, principalement dans les domaines du renseignement et du transport stratégique.

Les limites de la politique des petits pas

La politique des petits pas a montré ses limites, malgré les récentes avancées concrètes que sont le fonds européen de défense, le processus annuel de revue coordonnée des plans nationaux de défense et la coopération structurée permanente. Il faut élever le niveau d’ambition inutilement censuré lors de la création de la PSDC et passer la vitesse supérieure. Une approche globale et collective de la sécurité de l’Europe par les pays européens est désormais indispensable, une approche qui englobe les aspects intérieurs et extérieurs, et qui soit partagée si possible par l’ensemble des États membres de l’UE et à défaut par le plus grand nombre.

Revoir la complémentarité OTAN-UE

Cela implique notamment une réflexion sur la complémentarité entre l’OTAN et l’UE. L’actuelle répartition des rôles entre une OTAN garante de la sécurité collective et une PSDC tournée exclusivement vers l’action extérieure n’est à l’évidence plus pertinente : elle ne permet pas aux Européens d’exercer collectivement leurs responsabilités de défense, en dépit des dispositions volontaristes prises récemment par ceux-ci pour resserrer leur coopération. Même la mesure phare de la complémentarité entre les deux organisations, l’accord dit de Berlin Plus, signé en 2003, qui donnait à l’Union un accès aux moyens de commandement de l’OTAN, n’est plus opérante en raison notamment du différent turco-chypriote.

Assumer une défense européenne

Il est temps de s’engager dans une défense européenne vraiment assumée. La simple relecture des documents européens – le traité de Lisbonne de 2007, la Stratégie européenne de sécurité intérieure 2015-2020, la Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’UE de 2016 – fournit suffisamment d’éléments pour faire émerger une telle défense. La capacité d’agir sur l’ensemble du spectre des opérations, de l’assistance humanitaire à l’engagement de haute intensité, comprend, avec les opérations de projection, des opérations de solidarité et d’assistance mutuelle sur le théâtre européen. Ces dernières qui font partie de la défense collective, sont menées en cohérence avec les engagements pris au sein de l’Alliance Atlantique par les États qui en sont membres. Par ailleurs, les textes autorisent un niveau de flexibilité original : l’article 44 du traité de Lisbonne donne aux instances européennes la possibilité de déléguer la conduite d’une opération à un groupe d’États membres. Et la Coopération structurée permanente, récemment décidée, est le support adapté pour le développement de capacités nouvelles.

Rééquilibrer le pacte atlantique

C’est une politique de défense européenne complète, affirmée, active et opérationnelle qui peut alors se mettre en place. Grâce à des Européens stratégiquement plus autonomes, elle devrait avoir pour première conséquence une évolution du lien transatlantique qui, tenant compte de l’histoire et de nos valeurs communes, devra être rénové. Rééquilibré et assumé, le nouveau pacte atlantique devra permettre à l’Europe de devenir un partenaire fiable, crédible et écouté. Restent à définir les voies permettant cette évolution.

Revoir les processus de décision nationale et le financement en commun

Il faudra pour cela affronter les sujets de discordance ou de blocage entre Européens, plutôt que de les passer sous silence, de peur de détruire un hypothétique équilibre obtenu à force de concessions. Les règles d’engagement et les spécificités juridiques, notamment pour l’usage de la force, seront à harmoniser. Les processus décisionnels nationaux nécessiteront dans certains cas la définition de boucles courtes, permettant la réaction dans l’urgence, comme dans les catastrophes humanitaires. Il faudra travailler sur les contributions budgétaires des États pour les opérations, les rendre plus équitables et renforcer l’importance du fonds européen de défense.

Avoir une politique claire vis-à-vis des citoyens

Les principes suivants inspireraient la démarche. D’abord, les citoyens européens doivent recevoir des réponses simples et compréhensibles à leurs besoins de sécurité et de défense. Aujourd’hui, si, selon l’Eurobaromètre de l’automne 2017, les trois quarts d’entre eux continuent à plébisciter l’Europe de la Défense, ils n’ont pas une idée claire de sa réalisation, tant les discours sur les rôles partagés entre l’Alliance Atlantique, la PSDC et la défense nationale sont complexes et indigestes. Quand nos dirigeants se seront engagés résolument pour une défense européenne souveraine, ils pourront apporter de telles réponses.

Tenir compte des différences et de la souveraineté des États

Le principe de la subsidiarité et de la complémentarité avec les États doit être préservé. La subsidiarité est incontournable, le domaine de la défense restant de la responsabilité des États et la souveraineté européenne ne pouvant s’exercer que grâce aux contributions de ceux-ci en troupes aguerries et en équipements. Si les menaces et les risques sont perçus avec un degré d’intensité différent selon les États, ils doivent conduire à la complémentarité des actions, basée sur les savoir-faire spécifiques de chacun. Par exemple, certains pays ont une culture de projection développée, comme la France ou l’Espagne, autorisant notamment l’intervention en Afrique. D’autres, comme l’Allemagne ou la Pologne, sont plus tournés vers la défense collective. Cela n’empêche pas chacun d’entre eux de participer aux missions, mais avec des degrés d’engagement différents. Les clauses de solidarité et d’assistance mutuelle entre les États, notamment en cas d’attaque terroriste, telles qu’elles sont décrites dans le traité de Lisbonne, ne doivent pas rester lettre morte ; elles doivent être assumées.

Avoir réellement une autonomie stratégique

C’est à ce titre que cette défense gagnera en souveraineté. Les initiatives lancées par le Président de la République dans son discours de la Sorbonne de septembre 2017, comme le développement d’une capacité d’action autonome, autoriseront la continuité entre les États et l’Europe, comme celle entre missions extérieures et intérieures. L’autonomie stratégique d’une défense aux contours élargis pourra alors être soutenue dans le même périmètre par une BITDE ayant des capacités de recherche et développement complètes et autonomes. Il s’agira de gagner alors la bataille des normes industrielles. Dernier principe, cette Europe de la défense souveraine devra multiplier les partenariats, notamment avec ses voisins immédiats. Elle renouvellera le lien transatlantique, rééquilibré grâce à un meilleur partage du fardeau.

Un livre blanc européen nécessaire

Pour tout cela, un Livre blanc, dont EuroDéfense-France est un ferme partisan, s’avère nécessaire, avec l’établissement d’une feuille de route ambitieuse. Ainsi, pourra être construite la défense d’une « Europe souveraine, unie, démocratique » pour reprendre les termes du Président de la République.

Les membres du bureau de l’association EuroDéfense-France : Patrick Bellouard (président d’EuroDéfense-France, IGA 2S), Maurice de Langlois (général 2S, ancien directeur de recherche IRSEM), Jean-Didier Blanchet (ancien DG d’Air France), Jean-Charles Boulat (directeur des affaires UE et OTAN du groupe industriel Naval Group), François Bresson (général 2S, ancien directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale-IHEDN), Patrick de Rousiers (général d’armée aérienne 2S, ancien président du comité militaire de l’Union européenne), Michel Desmoulin (président d’honneur de l’Union des associations d’auditeurs de l’IHEDN), Jacques Favin-Lévêque (général 2S, ancien délégué général du Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres), Patrick Hébrard (vice-amiral d’escadre 2S), Jean-Loup Kuhn-Delforge (ancien ambassadeur), François Laumonier (ancien ambassadeur), Jean-Paul Palomeros (général d’armée aérienne 2S, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, ancien commandant allié transformation de l’OTAN), Jean-Paul Perruche (général 2S, ancien directeur général de l’état-major de l’Union européenne), Claude Roche (ancien directeur de la stratégie défense d’EADS, Vice-président de l’Académie de l’air et de l’espace), Philippe Roger (IGA 2S), Cyrille Schott (ancien directeur de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice) et Denis Verret (président, DV Conseil).

Les propos ci-dessus n’engagent que leurs auteurs. Les intertitres sont de la rédaction. Cette opinion a été publiée également dans le quotidien français La tribune

https://www.bruxelles2.eu/2018/04/05/depasser-la-politique-des-petits-pas-pour-une-defense-europeenne-vraiment-assumee/

On the same subject

  • https://www.defense.gov/Newsroom/Contracts/Contract/Article/1927732/

    August 7, 2019 | International, Aerospace, Naval, Land, C4ISR, Security

    https://www.defense.gov/Newsroom/Contracts/Contract/Article/1927732/

    NAVY Lockheed Martin Space, Littleton, Colorado, is awarded a maximum amount $405,770,000 un-priced letter contract modification PH0006 to a previously awarded and announced un-priced letter contract (N00030-19-C-0025) for the design, development, build and integration of large diameter rocket motors, associated missile body flight articles, and related support equipment for Army Intermediate Range Conventional Prompt Strike Weapon System flight test demonstrations. Work will be performed at Littleton, Colorado, with an expected completion date of Jan. 1, 2024. Fiscal 2019 research, development, test, and evaluation funds in the amount of $33,000,000 are being obligated on this award, which will not expire at the end of the current fiscal year. Strategic Systems Programs, Washington, District of Columbia, is the contracting activity. Brantley Construction Co. LLC,* Charleston, South Carolina (N69450-19-D-0916); CCI Group LLC,* Shalimar, Florida (N69450-19-D-0917); The Clement Group,* Montgomery, Alabama (N69450-19-D-0918); EG Designbuild LLC,* Germantown, Maryland (N69450-19-D-0919); GCB JV1,* Pensacola, Florida (N69450-19-D-0920); U-SMC DeMaria JV1 LLC,* Jacksonville, Florida (N69450-19-D-0921); and Windamir Development Inc.,* McDonough, Georgia (N69450-19-D-0922), are each awarded an indefinite-delivery/indefinite-quantity, multiple award, design-build and design-bid-build construction contract for construction projects located within the Naval Facilities Engineering Command Southeast area of operations in north Florida/south Georgia. The maximum dollar value for the five-year ordering period for all seven contracts combined is $195,000,000. The work to be performed provides for, but is not limited to, general building type projects (new construction, renovation, alteration, demolition and repair work) including aviation and aircraft facilities; marine facilities; barracks and personnel housing facilities; administrative facilities; warehouses and supply facilities; training facilities; personnel support and service facilities, and security level facilities. These seven contractors may compete for task orders under the terms and conditions of the awarded contract. Windamir Development Inc. is awarded the initial task order at $10,576,432 for P643 Reserve Training Building at Fort Benning.  Work for this task order is expected to be completed by September 2021. All work on this contract will be performed in Florida (50%); and Georgia (50%). The term of the contract is not to exceed 60 months, with an expected completion date of August 2024. Fiscal 2019 military construction (MILCON); and fiscal 2019 operations and maintenance (Navy) contract funds in the amount of $10,582,432 are obligated on this award and will expire at the end of the current fiscal year. Future task orders will be primarily funded by MILCON (Navy); operations and maintenance (Navy); and Navy working capital funds. This contract was competitively procured via the Navy Electronic Commerce Online website with 40 proposals received. Naval Facilities Engineering Command, Southeast, Jacksonville, Florida, is the contracting activity. Lockheed Martin Corp., Marietta, Georgia, is awarded $16,465,887 for modification P00005 to a previously awarded firm-fixed-price, indefinite-delivery/indefinite-quantity contract (N00019-19-D-0014). This modification increases the ceiling of the contract to procure consumable parts and material, technical publications and engineering services in support of the C/KC-130J aircraft. Work will be performed in Marietta, Georgia (84.5%); Miramar, California (2.5%); Cherry Point, North Carolina (2.5%); Elizabeth City, North Carolina (2.5%); Fort Worth, Texas (2.5%); Abdullah Al-Mubarak Air Base, Kuwait (2.5%); Iwakuni, Japan (2.5%); and Greenville, South Carolina (0.5%), and is expected to be completed in December 2019. No funds are being obligated at time of award; funds will be obligated on individual orders as they are issued. The Naval Air Systems Command, Patuxent River, Maryland, is the contracting activity. Hydroid Inc., Pocasset, Massachusetts, is awarded a $15,826,493 indefinite-delivery/indefinite-quantity contract for engineering support and training services for the MK 18 Family of Systems– Unmanned Underwater Vehicle systems. This contract includes options which, if exercised, would bring the cumulative value of this contract to $84,024,996.  Work will be performed in Pocasset, Massachusetts, and is expected to be complete by August 2020.  If options are exercised, work will continue through August 2024. No funds are being obligated at this time. This contract is awarded on a sole-source basis in accordance with Federal Acquisition Regulation 6.302-1(a)(2) – only one responsible source and no other supplies or services will satisfy agency requirements. The Naval Surface Warfare Center, Indian Head Explosive Ordnance Disposal Technology Division, Indian Head, Maryland, is the contracting activity (N00174-19-D-0010). King Nutronics Corp.,* Woodland Hills, California, is awarded an $11,865,150 firm-fixed-price, indefinite-delivery/indefinite-quantity contract for precision pressure standard systems to support the Naval Air Systems Command, Metrology and Calibration Program. The Naval Air Systems Command, Metrology and Calibration Program provides support to Navy depot level and intermediate calibration laboratories. The precision pressure standards systems provide the Naval Air Systems Command, Metrology and Calibration Program with the capability of providing inter-service calibration workload for the Air Force and Marine Corps. The precision pressure standards systems are used at intermediate level calibration laboratories afloat and ashore, as well as the depot level calibration laboratories to verify the accuracy and precision of test instruments such as dial pressure gauges and digital pressure measurement devices. Work will be performed in Woodland Hills, California, and is expected to be completed by August 2024. Fiscal 2019 aircraft procurement (Navy) funding in the amount of $263,670 will be obligated at time of award and will not expire at the end of the current fiscal year. This contract was not competitively procured in accordance with 10 U.S. Code 2304(c)(1) - only one source and no other supplies or services will satisfy agency requirements as implemented by Federal Acquisition Regulation 6.302-1. The Naval Surface Warfare Center, Corona Division, Corona, California, is the contracting activity (N64267-19-D-0003). Raytheon Co., Keyport, Washington, is awarded $11,738,000 for firm-fixed-priced undefinitized delivery order N00024-19-F-6308 under indefinite-delivery/indefinite-quantity contract N61331-17-D-0001for deploy and retrieve systems in support of the AN/AQS-20 program. The highly specialized equipment under this contract will deploy, tow and retrieve the AN/AQS-20 sonar in support of mine hunting operations.  The AN/AQS-20 is an advanced mine hunting sonar for the Littoral Combat Ship's Mine Countermeasures Mission package. Work will be performed in Keyport, Washington (90%); and Portsmouth, Rhode Island (10%), and is expected to be complete by October 2020. Fiscal 2019 other-procurement (Navy) funds in the amount of $5,751,620 will be obligated at time of award and will not expire at the end of the current fiscal year. This contract was not competitively procured in accordance with 10 U.S. Code 2304(c)(1):  only one responsible source and no other supplies or services will satisfy agency requirements.  The Naval Sea Systems Command, Washington, District of Columbia, is the contracting activity. ARMY ECS Federal LLC, Fairfax, Virginia, was awarded a $78,725,114 modification (P00003) to contract W911QX-18-C-0037 for machine learning and computer vision engineering. Work will be performed in Fairfax, Virginia, with an estimated completion date of July 16, 2022. Fiscal 2018 and 2019 research, development, test and evaluation funds in the amount of $35,847,000 were obligated at the time of the award. U.S. Army Contracting Command, Aberdeen Proving Ground, Maryland, is the contracting activity. DEFENSE LOGISTICS AGENCY Hyman Brickle & Son,* doing business as Northwest Woolen Mills, Woonsocket, Rhode Island, has been awarded a maximum of $8,198,835 firm-fixed-price, indefinite-delivery/indefinite-quantity contract for trousers. This was a competitive acquisition with two responses received.  This is a one-year base contract with two one-year option periods. Locations of performance are Rhode Island, Massachusetts, and North Carolina, with an Aug. 5, 2020, performance completion date. Using military services are Army and Air Force.  Type of appropriation is fiscal 2019 through 2020 defense working capital funds. The contracting activity is the Defense Logistics Agency Troop Support, Philadelphia, Pennsylvania (SPE1C1-19-D-1180). Raytheon Co., Marlborough, Massachusetts, has been awarded a maximum $7,756,450 firm-fixed-price contract for multiple radio equipment components. This was a sole-source acquisition using justification 10 U.S. Code 2304 (c)(1), as stated in Federal Acquisition Regulation 6.302-1.  This is a one-time procurement contract with no option periods. Locations of performance are Virginia and Massachusetts, with a Nov. 17, 2021, performance completion date. Using military service is Navy. Type of appropriation is fiscal 2019 Navy working capital funds. The contracting activity is the Defense Logistics Agency, Land and Maritime, Mechanicsburg, Pennsylvania (SPRMM1-19-F-DK0Q). CORRECTION:  The $49,019,871 contract announced on Aug. 1, 2019, for Sysco Raleigh LLC, Selma, North Carolina (SPE300-19-D-3230), included an incorrect award date. The correct award date is Aug. 2, 2019. *Small Business https://www.defense.gov/Newsroom/Contracts/Contract/Article/1927732/

  • Naval Group, Fincantieri join forces to survive competitive global shipbuilding industry

    October 25, 2018 | International, Naval

    Naval Group, Fincantieri join forces to survive competitive global shipbuilding industry

    By: Tom Kington ROME — Defying reports that their planned partnership is doomed to fail, France’s Naval Group and Italy’s Fincantieri have announced a joint venture to build and export naval vessels. The two state-controlled shipyards said they were forming a 50-50 joint venture after months of talks to integrate their activities. The move comes as Europe’s fractured shipbuilding industry faces stiffer global competition. The firms said in a statement that the deal would allow them to “jointly prepare winning offers for binational programs and export market,” as well as create joint supply chains, research and testing. Naval Group and Fincantieri first announced talks on cooperation last year after the latter negotiated a controlling share in French shipyard STX. But the deal was reportedly losing momentum due to resistance from French industry and a political row between France and Italy over migrants. The new deal falls short of the 10 percent share swap predicted by French Economy and Finance Minister Bruno Le Maire earlier this year, and far short of the total integration envisaged by Fincantieri CEO Giuseppe Bono. The statement called the joint venture the “first steps” toward the creation of an alliance that would create “a more efficient and competitive European shipbuilding industry.” Naval Group CEO Hervé Guillou, speaking at the Euronaval trade expo in Paris on Oct. 24, said the alliance is based on “two countries sharing a veritable naval ambition.” The joint venture is necessary because the “context of the global market has changed drastically,” he added, specifically mentioning new market entrants Russia, China, Singapore, Ukraine, India and Turkey. When asked about an initial product to be tackled under the alliance, Guillou acknowledged: “The answer is simple: there is nothing yet.” However, the firms said they are working toward a deal to build four logistics support ships for the French Navy, which will be based on an Italian design. The firms also plan to jointly bid next year on work for midlife upgrades for Horizon frigates, which were built by France and Italy and are in service with both navies. The work would include providing a common combat management system. The statement was cautious about future acceleration toward integration. “A Government-to-Government Agreement would be needed to ensure the protection of sovereign assets, a fluid collaboration between the French and Italian teams and encourage further coherence of the National assistance programs, which provide a framework and support export sales,” the statement said. But the firms were optimistic the deal would be “a great opportunity for both groups and their eco-systems, by enhancing their ability to better serve the Italian and French navies, to capture new export contracts, to increase research funding and, ultimately, improve the competitiveness of both French and Italian naval sectors.” Sebastian Sprenger in Paris contributed to this report. https://www.defensenews.com/digital-show-dailies/euronaval/2018/10/24/naval-group-fincantieri-join-forces-to-survive-competitive-global-shipbuilding-industry

  • Extending Field of View in Advanced Imaging Systems

    August 12, 2019 | International, C4ISR

    Extending Field of View in Advanced Imaging Systems

    New program focuses on developing curved infrared focal plane arrays to improve optical performance and widen field of view while reducing system size of military imagers The military relies on advanced imaging systems for a number of critical capabilities and applications – from Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance (ISR) and situational awareness to weapon sights. These powerful systems enable defense users to capture and analyze visual data, providing key insights both on and off the battlefield. Today, nearly all imaging systems rely on detector arrays fabricated using planar processes developed for electronic integrated circuits on flat silicon. While significant progress has been made in advancing these technologies for narrow field of view (FOV) systems, optical aberrations can limit the performance at the periphery in wide FOV systems that then require large, costly, and complex optics to correct. The trade-off for correcting optical aberrations by using large, heavy lenses is a reduction in optical signal and a large size penalty, which limits their use for new and emerging capabilities. “Tremendous progress has been made over the past 20 years towards making multi-megapixel infrared (IR) focal plane arrays (FPA) for imaging systems cost effective and available to the Department of Defense,” said Dr. Whitney Mason, a program manager in DARPA’s Microsystems Technology Office (MTO). “However, limitations to the technology’s performance and size remain. Current advances on the commercial side have shown the viability of small area, curved FPAs (CFPAs) for visible cameras. While these technologies have shown modest benefits, more must be done to achieve the performance and size requirements needed for imaging systems used in emerging defense applications.” DARPA developed the FOcal arrays for Curved Infrared Imagers (FOCII) program to expand upon the current commercial trend for visible sensor arrays by extending the capability to both large and medium format midwave (MWIR) and/or longwave (LWIR) infrared detectors. The program seeks to develop and demonstrate technologies for curving existing state-of-the-art large format, high performance IR FPAs to a small radius of curvature (ROC) to maximize performance, as well as curve smaller format FPAs to an extreme ROC to enable the smallest form factors possible while maintaining exquisite performance. FOCII will address this challenge through two approaches to fabricating a curved FPA. The first involves curving existing state-of-the-art FPAs, while keeping the underlying design intact. The focus of the research will be on achieving significant performance improvements over existing, flat FPAs, with a target radius of curvature of 70mm. The fundamental challenge researchers will work to address within this approach is to mitigate the mechanical strain created by curving the FPGA, particularly in silicon, which is very brittle. The second approach will focus on achieving an extreme ROC of 12.5 mm to enable a transformative reduction in the size and weight compared to current imagers. Unlike the first approach, researchers will explore possible modifications to the underlying design, including physical modifications to the silicon that could relieve or eliminate stress on the material and allow for creating the desired curvature in a smaller sized FPA. This approach will also require new methods to counter the effects of any modifications during image reconstruction in the underlying read-out integrated circuit (ROIC) algorithm. The FOCII program is hosting a proposers’ day on August 13, 2019 at the Executive Conference Center, 4075 Wilson Blvd., Suite 300, Arlington, Virginia, 22203 from 9:00 a.m. to 4:00 p.m. EDT. The purpose of this meeting is to provide information on the FOCII program, promote additional discussion on this topic, address questions from potential proposers, and provide an opportunity for potential proposers to share their capabilities and ideas for teaming arrangements. The Special Notice for can be found here, https://www.fbo.gov/index.php?s=opportunity&mode=form&id=4c8a360d1f5be2e1b7e784f86b7d42fb&tab=core&_cview=0 Full details are available in the FOCII Broad Agency Announcement on FBO.gov: https://go.usa.gov/xV3EH. https://www.darpa.mil/news-events/2019-08-09

All news